Conte de Noël: "Il était une fois… le temps de Noël !" par Geneviève André

jeudi 22 décembre 2011

Face à l’exubérance et la frénésie des fêtes de fin d’année, voici une respiration. Un conte imaginé et écrit par Geneviève André. A lire pour soi… et pourquoi pas lors de votre veillée de Noël !

Il était une fois un enfant qui ne savait que faire du temps… du temps qui passe trop vite, du temps qui passe trop lentement.

Chaque jour c’était la même rengaine : « Dépêche-toi, tu vas être en retard », « Ne te presse pas comme ça, tu as le temps ». Lui, se bouchait les oreilles, il n’avait qu’une envie : vivre dans un monde où le temps n’existerait pas. Parce que le temps lui faisait mal au ventre, comme une boule menaçante au-dedans de lui. Heureusement, il y avait la nuit, et la nuit, l’enfant l’attendait avec impatience. Elle était son univers à lui, surtout quand elle était noire ; et dans cet univers, le temps n’existait pas.
 
Une année poussant l’autre, l’enfant est devenu homme, puis un vieil homme. Il a passé sa vie à bourlinguer d’un monde à l’autre, d’une personne à l’autre, d’un rêve à l’autre. Et d’illusions en désillusions, la boule au-dedans de lui avait tellement grossi qu’elle l’empêchait souvent de respirer.
Une nuit de décembre, l’une de ces nuits noires et froides que le vieil homme affectionnait tant, il entendit une voix : « Veux-tu que je t’emmène là où le temps n’existe pas ? »
Le vieux tout ensommeillé a répondu que oui, il voulait bien. 
Il s’est levé, a cherché d’où venait la voix, mais n’a pas trouvé. Soudain, comme dans un souffle, il s’est senti aspiré sur un chemin qu’il ne connaissait pas. Il a marché, marché, marché longtemps dans le noir sans savoir où il allait, sans pouvoir résister à cette force qui l’entraînait. Le froid lui agressait le visage et, sous ses pieds, les cailloux roulaient, hostiles à son passage. Tout à coup le jour a surgi, transparent comme une eau de source. Le vieil homme a vu devant lui une montagne, immense. Elle était faite de boules étranges placées les unes sur les autres en forme de pyramide. Il se revoyait, enfant, devant les vitrines des confiseries, d’où il regardait en salivant les pièces montées de profiteroles... Jamais il n’avait pris le temps d’en goûter !
 
« Tu es arrivé », a dit la voix. « Prends les boules dans tes mains, les unes après les autres, jusqu’à ce que la montagne ne soit plus. » Le vieux s’est demandé comment il allait faire. Il était si fatigué. Il a tendu son bras en direction du sommet de cette montagne, et la boule la plus haute est tombée dans sa main. A l’intérieur de la boule figurait en lettres de feu : « Le temps de vivre ». La boule était douce et chaude dans la main du vieux, puis elle a fondu comme neige au soleil. Il en a saisi alors une deuxième, puis une troisième : les unes après les autres, les boules ont glissé dans les mains de l’homme. Toutes différentes, toutes uniques : brûlantes, piquantes, tièdes, lisses, rugueuses, glacées, bosselées. Chacune d’entre elles était habitée par un temps différent : le temps de jouer, de travailler, de grandir ; le temps de réfléchir, de donner, de recevoir ; le temps d’aimer, d’embrasser, de pardonner. Les temps de la vie, tous, il les a ainsi étreints dans ses mains. Il aurait voulu les garder longtemps, les serrer, s’en imprégner, même ceux qui lui écorchaient la peau... mais tous s’évaporaient dans l’instant.
 
Peu à peu, le froid était devenu insupportable et l’air irrespirable. Le vieil homme était épuisé. Il se rendait compte que, continuellement, il avait fui le temps. Il avait passé à travers sa vie comme un fantôme. Et maintenant, comment racheter le temps ? Comment le goûter, le savourer ? Ses membres étaient si engourdis et gelés qu’il n’arrivait plus à tendre le bras, ni à bouger les doigts. De la montagne, il ne restait que deux boules. Dans son ventre, sa boule à lui était devenue énorme de tous ces temps manqués qui s’étaient empilés au fond de son être. D’un effort surhumain, il a saisi l’avant-dernière boule : « Le temps de mourir » ! Et puis la dernière. Ses doigts ne réagissaient plus et pourtant, la boule restait collée à sa paume, comme une ultime étreinte, comme une dernière prière : « le temps de Noël, vis-le ! »
Le vieux a fermé les yeux. Le temps n’existait plus...
 
Le réveil tout à coup a sonné. Le vieux a frissonné. Les draps étaient glacés, son corps aussi était glacé. Par la fenêtre grande ouverte, il a entendu un homme qui criait : « C’est le temps des marrons, c’est le temps de Noël ! »
Le vieil homme a frotté ses membres endoloris, a mis ses mains sur son ventre comme chaque matin, mais... la boule, celle qui lui faisait si mal... elle avait disparu ! Alors, mû par un vieux souvenir, il s’est précipité vers un carton d’où il a sorti un livre, tout neuf en apparence. Il l’a ouvert et puis il a lu, à la première page, une petite phrase comme écrite en lettres de feu : « Mon fils, c’est le temps de Noël, vis-le ! » Le vieux s’est assis. Il a pleuré longtemps. Puis il s’est mis à lire dans le livre, le récit de la naissance d’un enfant appelé Emmanuel, Dieu avec nous. Et chaque jour, il a lu un bout du livre. Dans le voisinage la rumeur courait : « Le vieux, il re-vit !!! » Puis un jour, l’homme s’est éteint. Et sur le livre posé sur sa table de nuit, on a trouvé une feuille sur laquelle il avait écrit : « J’ai rencontré le Créateur du temps, celui qui est la source de la Vie et qui m’a fait vivre… à temps ! LE TEMPS DE NOËL, VIS-LE ! »
 
Geneviève André
  • Encadré 1:

    Bio express

    Geneviève André fait partie de l’association des conteurs amateurs L’Oreille qui parle. Avec d’autres conteuses, elle se déplace chez vous durant le temps de l’Avent, pour y conter Noël. Elle nous offre ici un de ses contes de Noël.
    Geneviève est mariée à Eric. Ils vivent à Paudex près de Lausanne, et fréquentent l’Eglise évangélique de la Passerelle à Vevey (FREE).
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