L’achat d’artisanat laotien via le SFE : un projet « Stop pauvreté 2015 »

vendredi 17 novembre 2006
Au Laos, le Service fraternel d’entraide, une ONG franco-suisse proche des AESR, se développe. Il participe à la création d’un mouvement de commerce équitable autour de produits d’artisanat laotien. L’occasion de soutenir dans nos Eglises, mais aussi sur des marchés ou dans le cadre d’autres manifestations, une démarche « Stop pauvreté 2015 ». Des populations défavorisées du Laos en bénéficieront !
Les tisseuses laotiennes ont besoin de débouchés qui leur permettent d’écouler leur marchandise à des prix stables. C’est la constatation qu’a faite le Service fraternel d’entraide (SFE), une ONG proche des AESR au Laos. Le SFE s’est donc lancé ces dernières années dans des démarches nouvelles de lutte contre la pauvreté. Il travaille en collaboration avec les populations des montagnes et des environs de Vientiane pour développer le secteur de la soie.

En 2001, création de l’ACEL
L’histoire commence en 2001, avec la création de la branche « Artisanat Commerce équitable au Laos » (ACEL). Un petit atelier de couture est créé à Vientiane, et des visites régulières dans les villages de la province de Luang-Namtha sont effectuées. L’ONG achète des foulards et d’autres petits articles d’artisanat, qui sont ensuite revendus en France lors d’expo-ventes.
Pour ne pas s’arrêter à une relation commerciale et dans le souci d’accompagner les villageois et les villageoises dès la production, une ferme-école voit le jour à Luang-Namtha en 2004. Des formations sont assurées pour toutes les étapes liées à la fabrication des produits 1, afin de proposer des techniques permettant d’atteindre une meilleure qualité des produits finis et ainsi de répondre aux exigences des marchés sur lesquels les foulards sont vendus. Les sessions de formation durent un mois. Après avoir suivi ces sessions, les tisseuses sont assurées de pouvoir revendre leur production au centre. Aujourd’hui, environ cent cinquante tisseuses collaborent avec le centre de formation.

Janvier 2006 : ouverture d’une usine
A la capitale, l’atelier de couture continue ses créations et quelques tisseuses travaillent sur différents modèles de produits. Une entreprise de traitement du fil a été créée en janvier 2006 dans un quartier de Vientiane, afin de travailler sur un label de fil de soie 100 % lao. Une fois traité, le fil est tissé à Vientiane et à Luang-Namtha. Enfin, une ferme école a été mise en place dernièrement dans le plateau des Bolovens (au sud du pays). Ce centre est orienté sur une activité de sériciculture.
La gestion de ces différents pôles de production et de commercialisation s’effectue dans les bureaux de Vientiane du SFE. La distribution des produits en Europe occidentale est gérée par une association partenaire, l’ACEL – Maï Savanh.

Maï Savanh Lao et les OMD
La création de l’entreprise « Maïs Savanh Lao » en janvier 2006 permet de mieux répondre à la croissance des activités et de prendre le relais de l’ACEL. Maï Savanh Lao travaille dans le respect des critères du commerce équitable et garde la même devise que le Service fraternel d’entraide.
Les activités de Maï Savanh Lao entrent dans le cadre de quelques-uns des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), fixés par l’ONU. Nous retiendrons l’objectif numéro 1 « réduire l’extrême pauvreté et la faim » (par une relation durable et un suivi de la production à la commercialisation des produits, ce qui génère un revenu régulier pour les villageois et les villageoises), l’objectif numéro 3 « promouvoir l’égalité et l’autonomisation des femmes » (par la valorisation de leur travail) ainsi que l’objectif numéro 7 « assurer un environnement durable » (le travail étant effectué dans le respect de l’environnement).

Le marché de la soie au Laos
Le Laos recèle des richesses artisanales, notamment dans le domaine du tissage de la soie et de la broderie. Il n’est pas rare de trouver sous une maison à pilotis un métier à tisser, dont les fils de soie, méticuleusement tendus, seront tissés par des mains habiles. De ce travail de patience et de talent naîtra un foulard, agrémenté de motifs traditionnels. Cet art du tissage se transmet de mère en fille.
Le tissage de la soie est un art maîtrisé et pratiqué dans la moitié centre et nord du pays, alors que les provinces du Sud sont spécialisées dans le tissage du coton. Les produits finis peuvent servir à la consommation domestique, mais sont principalement destinés à la vente. Le marché de Vientiane regorge d’articles en soie, et, depuis quelques années, le marché de nuit de Luang-Prabang, l’ancienne cité royale, connaît le même phénomène. L’offre d’artisanat (en soie et autres articles) est également présente dans les petites boutiques des pôles touristiques du pays.
Un rapide aperçu de la situation socio-économique du Laos nous aidera à comprendre que l’offre de ce type d’articles est supérieure à la demande nationale et à celle générée par les flux touristiques annuels.

Valoriser la production des plus pauvres
La véritable mosaïque ethnique qui compose le Laos compte environ 6 millions d’habitants. Le revenu par habitant est d’environ 440 USD par an (2005) 2. L’économie de subsistance est donc le système dominant dans le pays. Les populations des montagnes du nord du Laos et celles des provinces du Sud sont les plus touchées par la précarité. Or, ce sont ces mêmes ethnies qui vivent en partie des revenus qu’elles tirent (ou souhaiteraient tirer) de la production d’artisanat. La problématique à laquelle les tisseuses sont confrontées est l’écoulement de leur production et l’assurance de générer des revenus réguliers et durables par cette activité. Nous distinguons principalement deux cas de figure pour les tisseuses. Si leur situation géographique ne leur permet pas de faire de la vente directe aux touristes, leur production est achetée par des commerçants qui passent dans les villages et imposent un prix d’achat faible. Les tisseuses couvrent alors leurs coûts de fabrication, mais ne dégagent qu’un revenu très bas.

Trouver des débouchés à long terme
Si le village est situé près d’un axe routier, les tisseuses pourront se déplacer pour vendre leur production, mais elles rencontreront de nombreuses « concurrentes » sur le marché.
Les marchandes se retrouvent dans une situation où la demande, principalement générée par les touristes, est plus faible que la quantité d’articles disponibles. Bien que le nombre de touristes ait augmenté ces dernières années, cela ne suffit pas à écouler toute la marchandise, d’autant plus que le type de tourisme pratiqué au Laos est majoritairement « routard », une catégorie de visiteurs dont le pouvoir d’achat est moins élevé que celui de la catégorie du tourisme dit « culturel ».
Un des besoins des tisseuses est donc de trouver des débouchés à long terme pour leur production. Et pourquoi pas en Suisse ?

Véronique Moret

Notes:
1 Moriculture, sériciculture, teinture et techniques de tissage améliorées.
2 Source : http://devdata.worldbank.org/external/CPProfile.asp?PTYPE=CP&CCODE=LAO (le revenu par habitant en Suisse est de 54,930 USD en 2005). Méthode utilisée : Atlas method.

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