Twitthomélies et Cie : les outils internet dans les Eglises évangéliques

mardi 23 avril 2013

Les moyens de communication passant par internet et nos téléphones portables ne manquent pas. Mais ils sont encore utilisés avec parcimonie par les Eglises évangéliques romandes.

« J'aime la twitthomélie, explique David Richir, 34 ans, pasteur dans l'Eglise évangélique de l'Oasis, à Morges (FREE). Il s'agit d'envoyer par Twitter une méditation écrite en 140 caractères au maximum à mes abonnés. C'est chaque fois un petit défi stimulant. »
Lorsqu'il dispose d'un moment et d'un peu d'inspiration, c'est-à-dire environ cinq fois par semaine, David Richir empoigne sont smartphone et envoie par Twitter un verset biblique ou une pensée, parfois une annonce ou un gag. Son statut de pasteur l'oblige cependant à veiller au contenu qu'il publie et à ne pas transmettre d'informations trop privées.
Le pasteur de l'Oasis se souvient : « Les éditeurs de quelques sites internet tels que www.labible.net m'ont proposé de collaborer et de leur fournir des messages. Mais cela ne m'intéresse pas. Je désire seulement partager un verset qui m'a touché ou une pensée, témoigner naturellement et avec joie. »
Actuellement, quelque 125 personnes suivent David Richir sur Twitter. La plupart sont sans liens avec l'Eglise évangélique de l'Oasis et forment une sorte de communauté sans frontières géographiques. « Twitter est simple à mettre en œuvre et mes messages peuvent aider des gens. Mais je n'ai jamais eu de vrais échanges grâce à des tweets, tempère le pasteur de Morges. C'est une communication presque à sens unique. »

Facebook, non comme but, mais comme moyen
A Lutry, Brigitte Junod, épouse de pasteur et mère de jeunes adultes, gère une page Facebook. Tous les matins, en même temps qu'elle relève ses courriels, elle prend des nouvelles de ses 161 « amis Facebook ». Elle n'en veut pas plus, afin de pouvoir garder des relations personnalisées avec eux. C'est pourquoi elle n'hésite pas à supprimer certains amis de sa page. Mais cela ne signifie pas qu'ils ne le sont plus dans la vraie vie.
Une grande partie des « amis Facebook » de Brigitte Junod sont des jeunes. Elle explique : « Nos enfants amènent des jeunes à la maison. Parfois, ces derniers trouvent les parents cools, ce qui nous permet de devenir amis sur Facebook. Il y en a d'autres dont j'ai fait la connaissance à l'école du dimanche. En tant que femme de pasteur, j'ai des contacts que les parents de ces jeunes n'ont pas forcément avec eux. Nous pouvons parfois parler de choses profondes, y compris de l'Evangile. »
Ainsi, Brigitte Junod a eu un contact régulier avec un jeune qui voulait se faire tatouer. Elle garde également le contact avec des jeunes que la vie a conduits dans d'autres contrées. Et grâce à Facebook, elle a également pu ajouter une dizaine de participants de 18 à 25 ans à un cours Alpha spécialement destiné à cette tranche d'âges.
« Ce travail relationnel et pastoral me prend moins d'une heure par jour », précise Brigitte Junod. Un investissement fructueux à condition que Facebook ne remplace pas, mais complète les contacts réels.

Nos Eglises relativement peu branchées
Dans le cadre de la FREE, près d'une dizaine d'Eglises n'ont pas de page internet. Souvent, ce sont les personnes à même de développer un site ou de résoudre un problème technique qui manquent. Quant aux autres outils – Facebook, Twitter, Youtube – ils sont peu utilisés. Werner Lehmann, pasteur dans l'Eglise évangélique d'Oron, confesse : « Pour le moment, j'ai résisté. Si on y va, il faut y aller clairement et s'en donner les moyens. En attendant, nous en restons à notre site internet. »
D'autres communautés, telle ICF Zurich, misent sur ces outils de communication. En plus du site internet, cette Eglise propose de se brancher sur Twitter et de recevoir 2 à 3 tweets par jour de la part du pasteur Leo Bigger – la pensée du jour, des nouvelles... L'Eglise maintient également une page Facebook, un blog donnant des nouvelles, une chaîne YouTube proposant quelque 300 vidéos et même une application pour iPhone permettant de prolonger la vie de la communauté jusque sur son smartphone. Dans cette Eglise, chacun peut ainsi choisir ses vecteurs de communication préférés.

Tout commence par un bon site internet « carte de visite »
Pour le pasteur David Richir, chaque Eglise devrait disposer au minimum d'un site internet « carte de visite » bien conçu. Il n'est pas obligatoire de l'alimenter constamment en informations, car ce site sert avant tout à faire connaître la communauté. En effet, lorsque des personnes cherchent une Eglise, elles commencent généralement par une recherche sur internet.
Si Facebook nécessite de la disponibilité, de la réactivité, des capacités rédactionnelles ou artistiques pour devenir un véritable projet de témoignage chrétien, Twitter peut être utilisé de manière plus souple. David Richir réfute l'idée selon laquelle il faudrait disposer très régulièrement de contenus à diffuser. Il précise : « Si je ne publie pas de tweet pendant une semaine, cela ne pose pas de problème. Mais si je n'en publie pas pendant un mois, alors je vais perdre des abonnés. »
Et puis tout va très vite ! Depuis que les jeunes ont vu leurs parents se mettre à Facebook, ils ont commencé à s'enfuir vers d'autres réseaux sociaux. La communication sans limites est parfois lourde à porter !
Claude-Alain Baehler

  • Encadré 1:

    Se donner les moyens d'alimenter Facebook
    La Ligue pour la lecture de la Bible gère une page Facebook dans le but de développer sa présence sur Internet. Cela permet à l'institution de maintenir le contact avec les participants à ses activités, bien plus que de faire la promotion de ses publications. « Si Facebook sert à faire la publicité de nos produits, c'est moins productif, souligne Isaline Coudrain, la responsable de la communication. C'est pourquoi nous publions avant tout des nouvelles, des images humoristiques, la présentation de nos projets, ainsi que des lectures bibliques pour adultes, adolescents et enfants. »
    La difficulté est d'alimenter régulièrement la page Facebook en nouvelles originales et intéressantes. Dans ce but, Isaline Coudrain a organisé un tournus parmi les secteurs « adultes », « jeunesse » et « enfance » de la Ligue. Chacun publie 3 à 5 nouvelles durant une semaine, puis cède sa place à un autre secteur la semaine suivante.
    « Au début, il y a eu quelques réticences, se souvient Isaline Coudrain. Certains collaborateurs n'étaient pas familiers de Facebook. Nous avons donc organisé une formation interne et établi un calendrier des événements à publier. » Et lorsque, malgré tout, des collaborateurs peinent à trouver de quoi alimenter le réseau social, ils peuvent toujours faire appel à la responsable de la communication.
    Si la Ligue peut s'enorgueillir d'avoir 2000 « amis Facebook », il lui est difficile de mesurer l'utilité du réseau social. En effet, alors que le public cible de l'institution est essentiellement suisse romand, la majorité des contacts sont situés en France et sur le continent africain.

  • Encadré 2:

    Il administre le groupe Facebook « Je suis chrétien évangélique »
    Pierre Mathez est passionné d'informatique et d'internet. Depuis une année, il est administrateur du groupe Facebook « Je suis chrétien évangélique ». Ce membre de l'Eglise évangélique des Uttins à Yverdon (FREE) gère cette communauté qui avoisine les 5'000 membres avec trois autres personnes : un Français, un Canadien et un Haïtien. « 'Je suis chrétien évangélique' favorise les échanges fraternels entre personnes qui partagent une vision du monde semblable, explique-t-il. On trouve différents types de 'posts' : des demandes de prière, des versets bibliques encourageants, des mini-prédications... Certains journalistes viennent aussi déposer des renvois à leurs nouvelles. »
    L'administration d'un tel site demande un suivi des messages mis en ligne. Pierre consacre 3 à 4 heures chaque soir à ce suivi. Il lui arrive de supprimer certains messages qui, à son avis, n'ont rien à faire dans une telle communauté.
    « Ce service me permet de tisser des amitiés avec certaines personnes que je ne connais pas de visu, ajoute-t-il. Il me permet aussi, par la diversité des provenances des amis de ce groupe, de découvrir d'autres manières de vivre l'Evangile. » Il relève aussi que la lecture de certains versets bibliques lus sur cette page lui a fait du bien.
    Dans un livre à paraître, Pierre Mathez raconte entre autres le témoignage de deux ados qui ont tissé une amitié forte à distance via cette communauté Facebook. Une amitié qui s'est nourrie d'échanges autour de la Bible et autour de problèmes liés à la vie quotidienne.
    « Facebook est un phénomène de mode, comme Twitter ou d'autres à venir... relève Pierre Mathez dans son livre. A nous de savoir utiliser ces outils en accord avec notre foi. Si vous sentez que Dieu vous appelle à utiliser les réseaux sociaux pour faire avancer la connaissance de la Bonne Nouvelle dans le monde, alors vous pouvez répondre : 'Présent !' »
    Serge Carrel

    A paraître le 1er juin : Pierre Mathez, Internet. Communiquer sans frontières, le Fuet, Oladios, 2013, 108 p. Prix : 17.- A voir une présentation vidéo.

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