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500 ans de la Réforme : polémique à Wittenberg autour d’une pierre représentant la « truie des Juifs »

vendredi 28 octobre 2016 icon-comments 1

Les commémorations des 500 ans de la Réforme vont être lancées ces prochains jours. Certains membres de la famille protestante au sens large aimeraient saisir l’année 2017 pour regarder dans le rétroviseur et atténuer l’impact de l’antisémitisme qui traverse une bonne partie de l’histoire de l’Eglise et du protestantisme. Une pierre franchement antisémite sur la Stadtkirche de Wittenberg, la ville au cœur des commémorations, fait controverse.

A l’aube du lancement des commémorations qui marquent les 500 ans de la Réforme, une pétition circule sur le net avec plus de 5000 signatures au compteur. Elle demande l’extraction d’une pierre « antisémite » à l’angle sud-est de la Stadtkirche (l’Eglise de la ville) de Wittenberg, l’édifice communément surnommé « l’Eglise mère de la Réforme ». C’est dans cette église que Luther a abondamment prêché, qu’il s’est marié et qu’il a fait baptiser ses 6 enfants.

Un rabbin qui ausculte l’arrière-train d’une truie

Ce bas-relief situé à 4 mètres du sol montre une truie qui offre ses mamelles à deux enfants juifs et dont l’arrière-train est examiné par un personnage vêtu comme un rabbin, devant lequel on discerne un Talmud. Au-dessus de cette sculpture, un texte : « Rabini Shem Hamphoras » (« Le nom prééminent – le nom de Dieu – du rabbin). Cette pierre a été mise là au début du XIVe siècle, soit plus de 200 ans avant l’émergence de la Réforme et de Martin Luther, dont certains ouvrages, à la fin de sa vie, renferment des relents antisémites nauséabonds.

Parmi les initiateurs de cette pétition, Richard Harvey, un juif messianique anglais, dont la famille a des origines allemandes. Son but : utiliser les commémorations des 500 ans de la Réforme pour « enlever cette pierre et la remplacer par quelque chose honorant davantage le Dieu d’Israël, respectueux du peuple juif et conférant de la dignité à un lieu de culte chrétien, au lieu de conserver une pierre qui véhicule des relents déplacés, obscènes, insultants, offensants, diffamatoires, blasphémateurs, antisémites et incendiaires » (selon le texte de la pétition).

D’autres personnalités du monde évangélique allemand se font les avocats de cette pétition : Joela Krüger, membre de la communauté des sœurs de Darmstadt, et le pasteur Henning Dobers, président du Renouveau spirituel communautaire dans l’Eglise protestante allemande (EKD). Dans une prise de position sur idea.de, ce dernier relève que si une église allemande avait affiché une croix gammée au sortir de la Seconde Guerre mondiale, cela ferait longtemps qu’elle aurait été effacée !

Supprimer la pierre : « Trop simple ! »

Du côté des responsables de la fondation qui gère les édifices luthériens de Saxe-Anhalt, on souhaite le statu quo. Stefan Rhein, le président de cette fondation, plaide sur le site idea.de pour le maintien de cette pierre. « On ne purifie pas l’histoire, argumente-t-il. Même si on ôtait cette pierre, la blessure resterait. A Wittenberg, nous devons vivre avec notre histoire. La ‘truie des Juifs’ de la Stadtkirche appartient à celle-ci ! » Pour Stefan Rhein, ce qui est décisif, c’est la manière dont on parle de l’histoire. L’installation en 1988 d’une plaque posée au sol et rendant attentif à la dimension antisémite de cette pierre permet de rappeler la culpabilité des Allemands à l’endroit des Juifs et de faire pénitence. « Eloigner la ‘truie des Juifs’ serait trop simple. Cela viendrait à rendre invisible notre culpabilité et à arracher simplement notre épine dans la chair. Cette blessure doit rester, afin que nous demeurions conscients de notre culpabilité. »

Cette pétition dotée de 5000 signatures a déjà été présentée aux responsables de la Stadtkirche de Wittenberg. Pour Richard Harvey, elle va rester ouverte « jusqu’à ce que la pierre ‘à la truie des Juifs’soit déplacée ou qu’un engagement soit pris dans ce sens ». Ce qui est important pour lui, c’est que cette démarche permette de corriger de nombreuses idées fausses sur les Juifs. « Nous ne souhaitons pas la destruction de cet objet, mais une meilleure manière d’y répondre. L’enlever d’un lieu de culte chrétien permettra d’arrêter d’offenser la décence commune ! »

Serge Carrel de retour de Wittenberg

Réagissez au commentaire: « Wittenberg : la pierre à la ‘truie des Juifs’ au musée ! » par Serge Carrel.

1 réaction

  • Vidoudez Pascal vendredi, 04 novembre 2016 17:45

    Merci Serge pour ce reportage et cette proposition.

    A Wittenberg, n'est-ce pas là où Martin Luther avait cloué ses 95 thèses sur la porte de l'église en 1517 ?

    Sur le mur de l'église se trouve ainsi cette sculpture obscène que tu mentionnes, le "Judensau" ou "Porc Juif", avec les paroles de Luther : "Ici à Wittenberg, dans notre église de paroisse, il y a un porc sculpté dans la pierre sous laquelle se trouvent de jeunes cochons et des Juifs qui têtent.... "

    Se souvenir du passé, c'est pour se forger un avenir. Dans ce sens, je suis très sensible à la réaction pertinente de Stefan Rhein que tu mentionnes.

    Or la Réforme a eu des conséquences d’une ampleur catastrophique sur notre héritage : les racines hébraïques de notre foi chrétienne ont été malmenées, et la Réforme de Martin Luther est devenue quelques années après avoir été initiée celle qui a persécuté toutes personnes d’origine juive notamment. (Il n’y a qu’a lire le Livre de Martin Luther « Von den Jüden und iren Lügen », un traité de 65'000 mots écrit en 1543 trois ans avant sa mort)…Note 1

    Plutôt que d’effacer un passé qui a ressurgi au XXème siècle lors de la Shoah, ce cataclysme, ne devrions-nous pas plutôt prier plutôt :
    1) pour que les racines d'antisémitisme et la théologie de remplacement soient définitivement coupées dans l'Eglise,
    2) pour que l'Eglise comprenne l'amour de D.ieu toujours présent pour Israël ET le peuple Juif non pas dans le passé mais dans sa réalité présente
    3) et, comme le disait feu Elie Wiesel, que « le contraire de l’amour ce n’est pas la haine mais l’indifférence » et que l’Eternel nous enjoint d’aimer notre prochain comme soit-même (Note 2) , c’est-à-dire comme étant aussi important que nous le sommes aux yeux de l’Eternel (ce qui constitue le message clé de Jésus).

    Un cordial shalom

    Pascal


    Note 1
    http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.flholocaustmuseum.org%2Fhistory_wing%2Fantisemitism%2Freformation.cfm
    (en) La Réforme [archive], Musée de l'Holocauste de Floride. La traduction anglaise de Vom Schem Hamphoras est incluse dans Le Juif dans la théologie chrétienne, par Gerhard Falk (McFarland & Co., 1992).

    Note 2 Qu’est-ce aimer son prochain ? C’est aimer les autres et vouloir les aider / Etre à leur écoute afin de répondre au mieux à leurs besoins / Partager leurs joies et leurs peines / Offrir aux autres son sourire, sa bonne humeur, son temps, son argent … / être au service des autres / Etre amené à supporter les autres disait Dominique Dumont sur http://www.topchretien.com/topmessages/texte/tu-aimeras-ton-prochain-comme-toi-meme/

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