« L’avortement reste une question controversée » par Wilf Gasser, président des évangéliques suisses allemands

Wilf Gasser jeudi 13 septembre 2018

Samedi 15 septembre, les manifestants  la «Marche pour la Vie» se rassembleront sur la Place fédérale à Berne pour parler des conséquences de l’avortement sur les femmes, les couples et les familles. Ces dernières années, cette manifestation a suscité des contre-manifestations violentes. Le Dr Wilf Gasser, président du Réseau évangélique suisse allemand, rappelle que cette question reste controversée, qu’une certaine forme d’«eugénisme» est en train d’apparaître en Suisse, et que cette manifestation n’a rien à voir avec l’extrême-droite ! Point de vue d’un homme dont la maison a connu, voilà deux ans, des déprédations en lien avec cette manifestation !

Le Réseau évangélique suisse participe cette année encore à la «Marche pour la Vie», car les questions de vie et surtout les questions de solidarité avec les membres les plus faibles de notre société font partie de ses préoccupations centrales. Le dispositif policier sera une nouvelle fois impressionnant. Visiblement, il est nécessaire pour permettre la liberté d'expression des participants à cette manifestation.

Une telle opposition indique que le sujet de l’avortement reste controversé. Je suis, par exemple, profondément troublé de lire dans les médias que plus aucun enfant ne naît en Islande avec la trisomie 21. En Suisse aussi, les derniers chiffres montrent qu'au lieu des 350 enfants atteints du syndrome de Down attendus statistiquement chaque année, seuls 70 voient le jour. 80 % des bébés atteints du syndrome de Down diagnostiqués avant la naissance sont ainsi avortés.

L'avortement est tabou

A l'école, on nous apprend – avec raison – à nous indigner du fait que sous le Troisième Reich, les autorités allemandes décidaient quelles vies étaient dignes ou non d’être maintenues. Pourtant, nous acceptons aujourd’hui une nouvelle forme d'«eugénisme». Peut-être parce que nous la justifions par une certaine compassion : on veut éviter aux enfants une vie avec un handicap. Ou encore parce que les parents ne pensent pas être en mesure de relever le défi de vivre avec un enfant handicapé.

Au fil des ans, nous nous sommes habitués à ce que l'avortement soit présenté comme une solution utile et une option facile dans diverses situations d'urgence. Dans notre société, il est difficile de parler de remords ou des problèmes psychologiques engendrés par un avortement. Cela s'applique également aux milieux chrétiens. C'est pourquoi aujourd'hui, nous avons de nombreuses personnes qui souffrent silencieusement et restent seules avec leur «secret». Pour beaucoup, des questions telles que : «Et s'il avait quand même été en bonne santé» ou «Aujourd’hui, mon enfant n’aurait-il pas eu trois ans ?» se posent plus tard. La détresse est particulièrement grande lorsque, bien après, la naissance d'un enfant désiré n'a pas lieu.

Un petit être avec des droits

L'accent mis sur la dignité et l'inviolabilité de toute vie humaine ne remet pas en cause le droit de la femme à l'autodétermination («Mon ventre m'appartient!»). Mais il convient de se souvenir que ce petit être en devenir dans ce ventre (et même s’il est potentiellement handicapé) a aussi ses droits et aimerait être accueilli par nous.

Le Jeûne fédéral du 16 septembre est l'occasion d'exprimer notre gratitude pour le don de la vie. De demander pardon là où nos actions ne sont pas au service de la vie. De demander que notre société accueille inconditionnellement les enfants à naître. Et enfin d'agir de manière à ce que nous, chrétiens, créions un environnement dans lequel l'aide, l’accueil des personnes blessées et le pardon trouvent leur place.

Refus de s’associer à l’extrême-droite

Enfin, je termine sur un mot par rapport au contexte actuel : le Réseau évangélique suisse, en tant que partenaire de «La Marche pour la Vie», se distancie expressément des agitateurs antidémocratiques et en particulier du PNOS, qui veulent utiliser l’évènement pour mettre en avant leur propre agenda politique. Pour le Réseau, la protection des droits à la vie des enfants à naître est au cœur de son engagement dans cette manifestation. La violence et les slogans discriminatoires n'ont pas leur place dans un évènement qui se veut pacifique et motivé par l’amour du prochain.

Wilf Gasser, président Réseau évangélique suisse allemand et médecin

  • Encadré 1:

    La «Marche pour la Vie» samedi à 15h à Berne sur la Place fédérale

    La manifestation «La Marche pour la Vie» aura lieu samedi 15 septembre sur la Place fédérale à Berne autour du thème : «L’avortement : les conséquences !?» L’objectif de cet évènement est de sensibiliser à l’impact négatif que peut avoir une interruption volontaire de grossesse, non seulement pour la vie de l’enfant à naître mais aussi sur son entourage.

    Plus d’infos.

Publicité

Journal Vivre

Opinion

Opinion

TheoTV (mercredi 20h)

16 janvier

  • «L'islam conquérant» avec Shafique Keshavjee (Ciel ! Mon info)
  • «Jessica Dorsey» dans Tchat avec Nath

23 janvier

  • «Shafique Keshavjee: les conditions du dialogue interreligieux aujourd'hui» (Ciel ! Mon info)
  • «Dépasser l'infidélité» avec Christian Reichel (Mieux vivre à deux)

TheoTV en direct

myfreelife.ch

  • La boxe percute à l’église !

    Lun 14 janvier 2019

    Des jeunes boxent chaque semaine dans les locaux d’une église évangélique de la FREE. Une façon de faire venir ou revenir les moins de 20 ans à l’église ! Stéphane Hofer, l’instigateur de la formule Box Up Crime Switzerland, espère que l’activité fasse boule de neige. Reportage sur place.

  • L’aumônerie fait sa mue

    Lun 31 décembre 2018

    Que ce soit à l’hôpital, à l’armée ou auprès des jeunes, l’aumônerie est actuellement un chantier ouvert qui veut se professionnaliser et s’éloigner des églises. « Je ne sais pas où cela va nous conduire », réagit lundi 31 décembre Olivier Cretegny, ancien aumônier et président de la FEV (Fédération évangélique vaudoise). Non sans ajouter qu’une Journée de réflexion à l’adresse de tous les aumôniers évangéliques romands est agendée le 30 avril.

  • « Noël donne du sens aux circonstances de nos vies ! »

    Jeu 20 décembre 2018

    Trois personnes différentes, trois époques différentes, trois circonstances différentes. Et pourtant, c’est la même question qui surgit dans les cœurs. Cette question  touche au sens de Noël ; et quand on touche au sens de Noël, on touche au sens de nos vies. Bonne lecture du conte de Gilles Geiser, pasteur à l’église évangélique de Châble-Croix (FREE) d’Aigle !

  • « La véritable histoire de Noël »

    Jeu 20 décembre 2018

    Le début de l’hiver, c’est le début des veillées autour du feu. On s’est longtemps rassemblé au même endroit pour économiser l’huile et le bois, un moment propice pour se raconter des histoires. Philippe Henchoz, pasteur de l’église évangélique de Meyrin (FREE) vous propose ce conte pour votre veillée de Noël.

eglisesfree.ch

Suivez-nous sur les réseaux sociaux !