Une recension du dernier livre de Daniel Arnold "Vivre l'éthique de Dieu"

mercredi 23 février 2011 icon-comments 28
400 pages pour une éthique chrétienne pour aujourd’hui. C’est le pari du dernier livre de Daniel Arnold « Vivre l’éthique de Dieu ». La démarche impressionne, mais ne doit pas laisser sans voix. 

En 2010, Daniel Arnold a publié un gros livre de 400 pages intitulé « Vivre l’éthique de Dieu. L’amour et la justice au quotidien ». Ce professeur de l’Institut biblique et missionnaire Emmaüs à St-Légier propose au public intéressé le fruit de plusieurs années de travail biblique dans un style alerte et agréable à lire. Le titre de l’ouvrage – « Vivre l’éthique de Dieu » – impressionne par sa force « marketing »... et son ambition ! D’ordinaire, dans le milieu évangélique, les livres comparables affichent des titres au ton plus modeste : « L’éthique et l’Ancien Testament », « Le chrétien et les défis de la vie moderne », « Bien vivre sa vie »... Là, l’auteur n’y va pas par 4 chemins et ne parle de rien moins que d’« éthique de Dieu » !

L’horizon de l’éthique : la loi de Moïse
L’ouvrage se divise en deux parties. Une première traite des « bases fondamentales de l’éthique » et une seconde des « grands domaines de l’éthique » où sur 240 pages l’auteur offre une méditation tous azimuts des 5 derniers commandements du Décalogue. Les grands axes de la démarche éthique de Daniel Arnold apparaissent clairement dans des titres de chapitre comme « Le génie de la loi mosaïque » ou « Le Décalogue : plaque tournante de toute réflexion éthique ». La thèse est ainsi posée. En foi chrétienne, la réflexion éthique se fait à partir du Décalogue, découle de lui et se finit en lui. Même si le propos peut paraître classique à certains égards, puisque tant Luther que Calvin ont médité les 10 commandements dans leurs écrits les plus connus, il surprend par l’insistance mise sur la loi de Moïse. En feuilletant l’ouvrage, on découvre par ailleurs un plaidoyer pour la peine capitale ou, à peine voilée, pour le « goël », cette pratique de l’Ancien Testament  qui voulait qu’un proche parent d’une victime puisse poursuivre un criminel et le tuer. De tels développements surviennent dans un contexte où l’auteur se montre très critique par rapport au système judiciaire occidental, qu’il accuse de lenteur, de coûter cher et de privilégier les riches (p. 174, p. 177, p. 185-186). Comment un théologien évangélique parvient-il à légitimer de tels développements éthiques ?
 
Une démarche « théonomiste »
Ce que le professeur d’Emmaüs ne dit qu’en passant (p. 36), c’est que son propos s’inspire de la pensée « théonomiste », de ces théologiens principalement américains, mais aussi suisses autour de Jean-Marc Berthoud, qui « exaltent l’Ancien Testament comme l’expression perpétuellement valide de la volonté morale de Dieu pour toutes les sociétés » (1). Dans l’histoire du salut, l’essentiel n’est pas la venue de Jésus-Christ et la grâce qui nous est faite d’une relation nouvelle avec Dieu. L’éthique n’est pas comme pour l’apôtre Paul un geste second qui découle de l’oeuvre de la croix, une réponse qui surgit de la découverte de la grâce. Non l’horizon éthique, c’est le Décalogue. Entre Ancien et Nouveau Testament, pas de rupture ou au moins de réaménagement, mais une unité fondamentale et une continuité. L’exégèse du passage clé de Matthieu 5,17 (« Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la Loi ou les Prophètes. Je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir ») est parlante (p 43s.). L’auteur plaide la continuité entre Jésus et Moïse. Il veut éviter toute discontinuité ou opposition entre le Seigneur et l’éthique de l’Ancien Testament (voir aussi le commentaire de Jn 8,2-11, p. 47s). Daniel Arnold passe comme chat sur braise sur l’invitation de Jésus à aimer ses ennemis (Mt 5,43-44) (p. 46). Tout en reprenant l’invitation à aimer son prochain au sein de la communauté israélite (voir Lv 19,18), Jésus invite à sortir du cadre communautaire (le prochain), pour inscrire cet amour dans la relation à tout être humain, membre de la communauté juive ou non. On découvre ainsi que le salut de Dieu ne se réduit pas au cadre légal et à une obéissance au commandement. Il vise plutôt une nouvelle disposition de coeur, qui s’ouvre au souffle du Royaume de Dieu. Par ailleurs, dans ce lieu théologique délicat du Nouveau Testament qu’est le rapport entre Loi et Evangile, aucune mention des perspectives pauliennes comme celles où l’apôtre affirme que Jésus est la « fin de la loi » (Ro 10,4).
 
Un Jésus-Christ, un peu « rabougri » !
Là où la puce grattera davantage encore l’oreille du lecteur, c’est lorsque Daniel Arnold parle du sens de la venue de Jésus. « Son oeuvre sur terre s’oriente dès le départ vers son oeuvre expiatoire sur la croix » (p. 49). Sous des airs de catéchisme évangélique classique, on assiste à une réduction du sens de la venue du Christ. La christologie est faible ! Que fait-on  des perspectives de Luc qui présente Jésus comme l’évangéliste des pauvres, le libérateur des opprimés (Lc 4,18-19) ? Que fait-on de la proclamation du Royaume qui s’incarne dans les dires et dans les actions de Jésus ? Que fait-on des perspectives de l’évangéliste Jean qui fait de Jésus la manifestation en ce monde de la présence du Père (Jn 14,9), ou l’humain déployé dans sa plénitude au travers de cette expression célèbre de Pilate : « Voici l’homme » (Jn 19,5), ?
 
Une interprétation littérale du donné biblique
Du point de vue de l’interprétation, la démarche de Daniel Arnold est purement littérale. Pas d’inscription du texte dans un contexte agraire de voilà 3'000 ans. Le récit biblique vient à nous comme s’il avait été écrit hier matin. Pas de démarche d’herméneutique biblique qui chercherait à forger à partir du texte biblique des principes que l’on pourrait reprendre aujourd’hui (2). Les limites de la démarche apparaissent par exemple dans la réflexion autour de la pratique du lévirat qui ne rebondit pas dans le présent (p. 268s). Pour le Deutéronome, une veuve sans enfant doit être prise comme épouse par un proche parent du défunt. Dans le traitement proposé par Daniel Arnold, aucune mention du rôle d’assurance vieillesse de cette pratique. Une veuve sans enfant dans le monde antique connaissait la plupart du temps une situation économique précaire et se voyait souvent condamnée à la prostitution. Le mariage lévirat permettait d’assurer une « AVS » à cette veuve. Aujourd’hui une rente de veuve ou une bonne AVS joue un rôle comparable... Et sans doute de manière tout aussi pertinente que la pratique du lévirat !
 
Une manière très minoritaire de faire de l’éthique en milieu évangélique
Sur le fond, chacun est bien entendu libre de ses positionnements théologiques. Mais ce que l’on aurait pu attendre d’un professeur d’Emmaüs, censé initier étudiants et futurs pasteurs à la complexité de l’éthique, c’est de jouer cartes sur table. Dès l’ouverture de « Vivre l’éthique de Dieu », son auteur aurait dû dire « de quel bois il se chauffe ». Le théonomisme est une manière très minoritaire de faire de l’éthique en milieu évangélique. Loin d’être aussi biblique qu’il y paraît au premier abord, il véhicule son lot de présupposés dans lesquels il contraint le texte biblique à entrer. Le lecteur non spécialiste est en droit de connaître franchement les a priori de l’auteur pour pouvoir appréhender la démarche proposée en toute connaissance de cause... et se positionner.
Serge Carrel
 
Notes
1 Christopher Wright, L’éthique et l’Ancien Testament, Cléon d’Andran, Excelsis, 2007, p. 468. Pour une autre critique du théonomisme, voir aussi Jacques Blandenier, L’Ancien Testament à la lumière de l’Evangile, Dossier Semailles et moisson no 12, Genève, 1998, p. 95s.
2 Ce que fait Christopher Wright dans son L’éthique et l’Ancien Testament, en considérant Israël comme le « paradigme de Dieu » (p. 70s) ou en proposant par rapport à chaque texte de chercher son objectif et le principe moral qu’il renferme (p. 369 par exemple). Pareille démarche est suivie par de nombreux autres théologiens évangéliques ! Voir par exemple John Stott et sa « transposition culturelle » qu’il oppose à un « littéralisme rigide et dépourvu d’imagination » (sic !) (Le chrétien à l’aube du XXIe siècle. Vivre aujourd’hui la Parole éternelle de Dieu, Vol. 1, Québec, La Clairière, p. 186s), Gordon Fee et sa prise en compte de « la relativité culturelle » (Un nouveau regard sur la Bible. Un guide pour comprendre la Bible, Deerfield, Vida, 1990, p. 68s), Gilbert Bilézikian et la révélation progressive de Dieu dans la Bible qui s’articule autour des 3 moments : création, chute, rédemption (Homme-femme. Vers une autre relation, Mulhouse, Grâce et vérité, 1992, p. 5s)...

28 réactions

  • Georges dimanche, 27 février 2011 21:23

    A la lecture du blog de Serge Carrel, je me demande sincèrement pourquoi toujours passer d'une extrême à l'autre ? Serge Carrel semble fustiger Daniel Arnold pour son livre qu'il considère représenter une manière très minoritaire de faire de l’éthique en milieu évangélique. N'empêche que pendant ce temps au moins il y a quelqu'un qui écrit, qui publie en Suisse Romande. Sa position semble le déranger d'autant plus que pendant ce temps personne dans la FREE ne prend le courage de publier ! Alors il est très facile de démolir. Mais ne faudrait-il pas plutôt dépenser son temps à convaincre des membres à écrire ? Oui, il y a de la place pour que la voix que Serge Carrel appelle majoritaire publie, écrive et laisse une empreinte du fondement de notre foi. Sans écrit notre pensée est vide de contenu.

    En tant que bon journaliste Serge Carrel ne peut pas ignorer que l'équilibre qu'il semble rechercher ne se ferra pas en faisant taire des "Daniel Arnold" ou autres théonomistes de tous noms mais dans un juste équilibre de l'expression de toute les sensibilités. Serait-il si loin de cela le temps ou la FREE ou plus loin encore les AESR étaient un organe rassembleur au lieu de toujours exclure ?

    C'est ce qui me porte à espérer qu'un jour la FREE, par la plume de ceux qui écrivent sur son site ou dans sa revue, ne soit pas un organe qui participe à une démarche qui veut réduire au silence les minorités mais comme elle a su très bien le faire pendant de longues années construire par un enseignement de qualité, des publications qui ont profité à l'édification de plusieurs générations.

    Je terminerais par un dernier regret : A ce jour justement plusieurs appellent de leur voie que l'Institut Biblique et Missionnaire Emmaüs redevienne un Institut de référence en Suisse Romande. La FREE est aussi fortement engagée dans cette démarche et représentée en son conseil. Est-ce vraiment opportun que parallèlement on poursuive à critiquer, à diviser, à affaiblir ? Daniel Arnold n'a pas publié ici son manuel de ses cours. Comme tout bon professeur, ses cours sont empreints d'équilibre et savent aussi relater les autres positions présentent dans les milieux évangéliques. Mais cela ne l'empêche pas d'avoir aussi des convictions et il y a droit.

    Bien cher Serge Carrel, je suis prêts à respecter vos convictions et je n'éprouve pas le besoin de les démonter. En effet il me semble plus important de m'engager à donner l'occasion à d'autre de se forger une conviction et ce même en lisant des livres qui ne partagent pas mes convictions... ou alors serions nous sectaires ? Votre article m’a convaincu : ce livre est à lire à tout prix. et ce même si je ne partage pas toujours les concictions de son auteur.

  • Serge Carrel lundi, 28 février 2011 07:59

    Merci à Georges d'avoir pris la peine de réagir. Je tiens tout de suite à le rassurer:
    1. Cette recension ne vise nullement à exclure, mais à susciter un débat sur des questions aussi fondamentales que la présence de l'Ancien Testament dans nos Eglises, sa lecture et son interprétation...
    2. La FREE continue à publier des livres et... des DVD pour l'encouragement des chrétiens de Suisse romande et d'ailleurs. Les succès des Dossiers Vivre comme "Makarios", "Vivre la cène aujourd'hui", "Les crises de la foi"... en témoignent. Nous prenons même des risques avec des sujets difficiles comme l'"Israël-Palestine: un regard évangélique" de Guy Gentizon et Jean-Jacques Meylan...
    3. Jacques Blandenier, l'ancien responsable de la formation d'adultes de la FREE, devrait publier cette année une nouvelle édition de son "L'Ancien Testament à la lumière de l'Evangile"... L'occasion pour vous après la lecture du livre de Daniel Arnold de bénéficier d'un autre éclairage, plus "main stream", de la manière dont les évangéliques envisagent la lecture de l'Ancien Testament aujourd'hui dans nos Eglises...

    Meilleurs messages en Christ.
    Serge Carrel

  • Georges lundi, 28 février 2011 12:33

    Merci Serge pour votre réponse, mais le fond de ma préocuupation reste et se résume en une phrase : Ou sont ceux qui se lèvent pour écrire non pas seulement des dossiers mais des ouvrages traitant la théologie dans son fond, à l'instar des René Pache et autres en leur temps ?

    Avouons-le que la Suisse Romande (et par conséquent la FREE) est pauvre dans ce domaine et que l'on a aujourd'hui de la peine à étayer la doctrine de nos églises (y compris au sein de la FREE) par des ouvrages de référence émanent d'auteurs Suisses Romands... à croire que la FREE n'a plus de théologie !

    Oui j'ai un peu (...beaucoup) l'impression que l'on se contente de contrer ce que les autres font ! Et je cherche quelle est la théologie de la FREE. Tant que je n'aurais pas trouvé je réagirais avec sensibilité quand l'on se résout à critiquer même si s'est pour succiter un débat !

  • Etienne jeudi, 03 mars 2011 23:55

    Je remercie Serge pour sa lecture critique et pour la mise par écrit de ses remarques. Je dois dire qu'à la lecture de ce livre, j'ai été déstabilisé par ce que pouvait écrire Daniel. Comment être d'accord avec son interprétation qui se base sur la bible? Je constate enfin que si la bible est fiable à 100%, notre interprétation ne l'est pas autant... Je suis content de remarquer que mes interrogations sont partagées avec Serge et que cette interprétation littérale reste l'avis d'un groupe minoritaire dit théonomiste.
    Il semble évident que l'interprétation que fait Daniel entièrement basée sur l'AT est à retravailler à la lumière de l'oeuvre du Christ et de notre culture...

  • Séverin Bamogo vendredi, 04 mars 2011 12:29

    Comme il nous est bien indiqué, Serge Carrel fait une recension critique.Dans une telle approche on peut donner son avis(s'il faut user de la charité pour les personnes ,il n'y a en point pour les idées)
    c'est certain que pour d'autres l'éthique chrétienne se fonde aussi sur les béatitudes et que La loi trouve son accomplissement dans la personne du Christ.(Dieu ayant parlé pleinement et dernièrement par le Fils)
    Je vais certainement lire l'ouvrage en question et c'est aussi cela le mérite de la recension

  • Ignace dimanche, 06 mars 2011 19:58

    Un grand merci à Serge Carrel pour cette lecture critique fort opportune.
    Sans être membre de la FREE, je tenais à signaler à George qu'il existe un certain nombre de références en français susceptibles d'intéresser un lectorat évangélique. Pour n'en citer que deux (en plus de celles déjà signalées par Serge Carrel en notes de bas de page), il y a le classique:

    - John H. Yoder, "Jésus et le politique, la radicalité éthique de la croix, Lausanne", Presses bibliques universitaires, 1984;

    ainsi que le plus récent (et fort intéressant) :

    - Frédéric de Coninck, "Agir, travailler, militer. Une théologie de l'action", Excelsis, 2006.

    Il manque probablement une production théologique plus conséquente en français. Mais on stimulerait grandement la réflexion en se plongeant dans les ouvrages de qualité déjà disponibles.

  • Georges dimanche, 06 mars 2011 21:19

    Merci à Ignace pour ces références que je n'ignoraient pas. Afin que les choses sont claires, je tiens à avouer que les positions partagées dans l'ouvrage de Daniel Arnold ne font pas non plus mes convictions.

    Ceci étant, le fond de mon interpellation c'est que je me demande pourquoi au non d'une approche journalistique, on se permet simplement de sortir la plus belle des plumes pour apporter ce que l'on appelle un recension pour faire avancer le débat, et cela à chaque fois qu'il y a quelque chose qui bouge. N'y a t-il pas d'autres chemins pour faire avancer le débat tel que par exemple en donnant d'une part la parole à ceux qui pensent autrement, en partageant ses convictions et en succitant ainsi uen saine réflexion.

    A lire Serge Carrel, je sais très bien ce qui ne lui plaît pas dans cet ouvrage, mais je ne sais nullement ce que sont ses convictions (à moins qu'il n'en ait pas ?). C'est bien pourquoi je condamne cette approche qui ne conduit, dans le quotidien, qu'à la séparation et à la division. Jésus nous a appellé à témoigné... à examiné toute chose... mais surement aps à divisier. Dans nos églises il n'y a que trop de monde qui savent ce qu'il ne faut pas croire et trop peu qui nous sont des aides au quotidien sur notre chemin de foi.

  • Pascal Vidoudez lundi, 07 mars 2011 09:36

    Je félicite Daniel Arnold de s'être mis à l'ouvrage et de nous faire profiter du fruit de ses longues années de recherches sur le sujet qui nous partage dans son livre. Je remercie Serge pour sa recension propre à ouvrir un débat.

    Suite à quelques commentaires, je me permets d’arguer sur quelques points

    1. Galilée publia de nombreuses thèses au XVIIème siècle. L’Eglise catholique romaine n’accepta pas celles confirmant celles de Copernic selon laquelle la terre, comme d'autres astres, tourne autour du soleil, et non l'inverse. (Galilée démentit ainsi le fait que la terre n’était pas plate mais ronde).
    De nos jours, les thèses précitées sont largement confirmées. Et l’Eglise catholique a reconnu ses erreurs lors de Vatican II (1962-1965). Jean-Paul II a rendu une nouvelle fois hommage au savant, le 31 octobre 1992, lors de son discours aux participants à la session plénière de l'Académie pontificale des sciences. « … . Ainsi la science nouvelle, avec ses méthodes et la liberté de recherche qu'elle suppose, obligeait les théologiens à s'interroger sur leurs propres critères d'interprétation de l'Écriture. La plupart n'ont pas su le faire. » … « Paradoxalement, Galilée, croyant sincère, s'est montré plus perspicace sur ce point que ses adversaires théologiens. … .»
    ET SI LES THESES DEVELOPPEES ET RESUMEES DANS L'OUVRAGE PROPOSE PAR DANIEL ARNOLD SUIVAIT LE SCHEMA D'ACCEPTATION MENTIONNE CI-AVANT ? ET SI DANIEL ARNOLD ETAIT PLUS PERSPICACE SUR LE SUJET QUE SES ADVERSAIRES ?
    2. Toutes recensions se doivent d'être objectives. Elles ne doivent pas être un plaidoyer en faveur de l'ouvrage recensé ou en sa défaveur. Je reprends l'exemple de Galilée. Les thèses mentionnées au point un étaient une révolution et un scandale. Le pape lui-même se rangea rapidement à l'avis des adversaires de Galilée. Surtout, il lui avait demandé une présentation objective des deux théories, celle de Ptolémée et de Copernic, et non pas un plaidoyer en faveur de Copernic.
    POUR CE FAIRE UN AVIS SUR LA RECENSION ÉTABLIE PAR SERGE CARREL SUR LE LIVRE DE DANIEL ARNOLD, IL FAUDRAIT LIRE L'OUVRAGE EN QUESTION. SURTOUT, IL FAUDRAIT LE LIRE EN REMETTANT AU PRÉALABLE NOTRE LECTURE ENTRE LES MAINS DE L'ESPRIT SAINT POUR QU'IL NOUS OUVRE L’INTELLIGENCE. CAR FINALEMENT CE QUI COMPTE N’EST PAS TANT CE QUI NOUS PLAÎT OU PAS OU CE QUE NOUS PENSONS. CE QUI RESTE ESSENTIEL EST QUE L’ETERNEL NOUS ENSEIGNE SES VOIES (ESAÏE 2 :3) « CAR MES PENSÉES NE SONT PAS VOS PENSÉES, ET MES VOIES NE SONT PAS VOS VOIES, DIT L'ETERNEL. »
    3. Quant au fait que la théonomie semble être un "courant minoritaire", j'aimerais attirer les lecteurs sur le recensement suivant. Le monde est peuplé de près de 7mrds d’individus. Quel pourcentage de cette population est chrétienne ? Wikipédia en estime le nombre à 2.1-2.2mrds repartis dans pas moins de 33'000 confessions.
    Seul D.ieu connaît le nombre exact de personnes ayant reconnu Son Fils pour qui Il est vraiment. Toutefois, partant de n'importe quel constat et même celui de Wikipédia, les chrétiens demeurent toujours minoritaires dans ce monde. Est-ce pour autant dire que les vérités non-conformistes à ce monde contenues dans la Bible, que les chrétiens se doivent pourtant de lui annoncer, ne devraient ni être reconnues ni être acceptées car ne représentant pas l'avis de la majorité ?
    PARTANT DE CE CONSTAT : ET SI LES THÈSES NON-CONFORMISTES DÉVELOPPÉES PAR DANIEL ARNOLD DEVRAIENT ÊTRE RECONNUES ET ACCEPTÉES COMME VALABLES ?

    Je vous souhaite une bonne lecture de cet ouvrage, aussi dérangeante puisse-t-elle être peut-être d’une perspective humaine mais captivante si nous considérons que cela pourraient être les desseins de D.ieu. 1 Jean 4 :1 nous invite à éprouver les esprits pour savoir s’ils viennent de D.ieu. Je vous invite d’en faire de même.

  • Daniel Arnold samedi, 12 mars 2011 11:57

    Il ne faut pas écrire un livre d’éthique si on veut plaire à tout le monde. Dans le domaine des valeurs morales, les convictions sont fortes et diverses. Parfois, elles empêchent l’écoute du prochain. Je remercie Serge Carrel d’avoir pris le temps de faire une recension de mon livre « Vivre l’éthique de Dieu », mais je regrette la partialité de sa lecture.

    Il résume ma pensée de la manière suivante : « La thèse est ainsi posée. En foi chrétienne, la réflexion éthique se fait à partir du Décalogue, découle de lui et finit en lui ». Ce n’est pas ma position. Le point de départ et d’arrivée que je propose n’est pas la loi mosaïque, mais la personne de Dieu. La différence est de taille. Le titre du livre reflète bien ma démarche: « Vivre l’éthique de Dieu ».

    Les bases fondamentales de l’éthique sont traitées sur neuf chapitres, alors que Serge Carrel ne semble s’être arrêté que sur deux d’entre eux. Au chapitre 3, je relève la complexité de l’éthique biblique (« Unité et complexité de l’éthique divine »), et le chapitre 8, traite du rapport entre la justice, l’amour et le pardon. Certes, la loi de Moïse fait partie intégrante de la révélation (ce qui explique le titre du chapitre 4 : « Le génie de la loi mosaïque »), mais il y a mieux comme le montre le chapitre suivant : « Jésus-Christ manifeste la pleine incarnation de Dieu ».

    Serge Carrel qualifie ma démarche de « purement littérale ». Il me reproche une absence de mise en contexte. Je confesse que je n’ai pas indiqué toutes les applications des lois bibliques. (Qui peut le faire ?) Par contre, j’ai rendu le lecteur attentif à l’importance de la tâche interprétative et laissé de nombreux exemples. Le chapitre 6 illustre l’effort de mise en contexte des apôtres, et le chapitre 7 souligne le rôle du Saint-Esprit dans le domaine du discernement et de l’actualisation des principes moraux. L’actualisation des lois bibliques (celles de l’Ancien et du Nouveau Testament) n’est pas toujours aisée, et trop souvent les chrétiens se précipitent sur une explication. C’est le cas de Serge Carrel lorsqu’il affirme que « le mariage lévirat permettait d’assurer une ‘AVS’ à cette veuve ». Accessoirement, peut-être, mais là n’était certainement pas l’essentiel. La loi du lévirat n’avait pas pour but d’assurer la sécurité à une veuve, mais la descendance du mari défunt. Boas dit clairement à Ruth qu’elle aurait pu trouver un mari en dehors de la famille (Rt 3.10).

    Serge Carrel me reproche à la page 46 de passer « comme chat sur braise sur l’invitation de Jésus à aimer ses ennemis ». Pourtant le rôle fondamental de l’amour du prochain est souligné avant et après la page incriminée (p.31-32, 54-55). Mon but n’était pas de répéter le principe de l’amour chaque fois qu’une citation biblique y fait allusion, mais de proposer un développement réfléchi. Dans les pages 42-46, je m’efforce de montrer que Jésus ne s’oppose pas à l’Ancien Testament dans le sermon sur la montagne, mais aux interprétations erronées des scribes et des pharisiens. Rien de plus, rien de moins.

    Une lecture plus charitable, plus à l’écoute de l’autre aurait évité à Serge Carrel certains raccourcis. Elle lui aurait sans doute permis de trouver quelques perles dans les 400 pages de mon livre.

  • Hervé de Masière lundi, 14 mars 2011 07:38

    La partialité ne fait pas partie des vertus de Serge Carrel qui préfère l'approche journalistique. A chaque fois que la FREE souhaite contrer (pour ne pas dire plus et rester charitable !) c'est sa plus belle des plumes qui est ressortie.

    Au nom de la majorité on voudrait triompher, écraser, dénigrer, réduire au silence. Aujourd'hui je m'inquiète très fortement de l'ecclésoiologie de Serge Carrele t de la FREE au nom de laquelle il s'exprime. Le petit, le faible, l'insignifiant n'a-t-il plus de place parmi nous ? Nos églises n'ont-elle pas vu leur origine au travers de gens insignifients qui ont osés nager à contre courant ? Pourquoi oublier cela ? Et même si le courant exprimé est minoritaire il a droit de cité parmi nous.

    Ras-le bol de recensions de tout ordre ou autres blogs diviseurs. Pendant ce temps il n'y a plus personne qui enseigne sur un fondement solide au sein de nos églises... justement parce que ce n'est plus populaire (donc minoritaire) d'assister à des études bibliques. Mais nos églises n'ont aucun avenir ainsi. Alors Monsieur Carrel ranger votre plume ou alors utilisé la pour édifier le Corps de Christ et non pour le diviser.

  • Serge Carrel lundi, 14 mars 2011 20:49

    Merci à Daniel Arnold d'avoir pris la peine de répondre à ma recension. Mon propos se veut toujours charitable. Mes excuses s'il n'a pas donné cette impression.
    Ce qui m'intéresserait, c'est de positionner le débat sur un plan plus "théologique". Au vu de votre réaction, Daniel, défendez-vous effectivement un point de vue "théonomiste"?

    Merci de votre réponse.

    Meilleurs messages!

    SC

  • Hervé de Masière mardi, 15 mars 2011 12:13

    Vous semblez oublier Monsieur Carrel que toute théologie s'incarne dans le quotidien. Il est trop facile de "positionner" le débat sur un point de vue théologique et se donner ainsi tous les droits dans le quotidien.

  • RENTMEISTER André vendredi, 18 mars 2011 13:20

    Pour faire une recension d’un tel ouvrage, il faudrait déjà le lire en entier en examinant toute chose et en retenant ce qui est bon. Il faudrait aussi accepter de se laisser remettre en question malgré sa théologie de la majorité et non fustiger l’auteur d’une manière tellement injuste et si peu charitable.
    Je regrette que le recenseur n’ait pas eu un soucis d’honnêteté et d’objectivité intellectuelle et reconnaître que ce livre dépasse ces compétences théologiques et éthiques.
    Une fois de plus, nous avons le vrai visage de cette nouvelle vague d’apôtres conciliant et tolérant, ouvert à tout nouveau vent de doctrine répondant aux goûts du jour, mais terriblement arrogant, intolérant et inquisitoriale envers ceux qui ont à cœur de maintenir la saine doctrine.
    La diatribe du journaliste recenseur démontre qu’il n’a fait qu’effeuiller ce livre de 400 pages. Déjà titillé par son titre, son approche ne pouvait être que partiale et partielle. Son manque de déontologie dévoile le courant de l’analphabétisme évangélique actuel sur une question aussi importante que l’éthique selon le cœur de Dieu.

  • Berthoud Rose-Marie dimanche, 20 mars 2011 16:10

    Rappelons que le mot théonomie est composé de deux mots : théos et nomos, loi et Dieu, et que tout chrétien devrait avoir du respect pour Dieu et sa loi, et être en quelque sorte « théonomiste ».
    Vous jetez le discrédit sur les théonomistes, et dans la bouche de certains, il semble que ce mot soit devenu une injure. Or, il y a toutes sortes de théonomistes, comme il y a toutes sortes
    d’évangéliques. Faudrait-il aussi jeter le discrédit sur eux ? Il y en a parmi eux qui marchent en ennemis de la croix de Christ, il y a ceux qui aiment Jésus-Christ et ses commandements.
    Le Saint-Esprit a été donné, entre autre, pour nous donner la capacité de mettre en pratique les commandements de Jésus. Celui qui l’aime garde ses commandements. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour : Jean 15 : 10. Et l’amour consiste à marcher selon ses commandements : 2 Jean 1 : 6. C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus : Apocalypse 14 : 12.
    Le Logos se dresserait-il contre lui-même, contre les 10 commandements qu’Il a donnés Lui-même à Moïse ?
    Bravo pour ceux qui aiment Jésus-Christ et sa loi (mot vraiment pas à la mode, même chez les évangéliques !), et qui cherchent sérieusement à lui obéir, non pas pour obtenir leur salut, mais pour devenir, avec l’aide du Saint-Esprit, de vrais disciples de Jésus-Christ.

    Rose-Marie Berthoud.

  • Daniel Arnold lundi, 21 mars 2011 15:59

    Réponse à la question de Serge Carrel.

    Est-il vraiment bien de coller des étiquettes ? Ne risque-t-on pas de déformer et d’enfermer ? Mieux vaut écouter et se laisser surprendre.

    Les étiquettes permettent de classer, de ranger, parfois aussi de jeter l’anathème. Mais combien de lecteurs de « Vivre » comprennent le terme « théonomiste » ? Le mot apparaît trois fois sous la plume de Serge Carrel dans la recension publiée, mais jamais dans mon livre de 400 pages. Il me paraît donc utile de qualifier le mouvement. Les théonomistes viennent généralement des milieux réformés et croient que la pensée de Dieu s’applique à tous les domaines de la vie. Ils sont préoccupés par les questions de justice sociale et estiment que les prescriptions morales de la loi de Moïse doivent être examinées avec la plus grande attention, car c’est là que Dieu a révélé un code civil pour gérer une société marquée par le péché. Les théonomistes sont des chrétiens généralement très cultivés et profondément attachés à la Parole de Dieu. Par leurs travaux exégétiques, ils s’efforcent d’exposer la pertinence des lois morales de l’Ancien Testament. Sur le plan eschatologique, les ténors du mouvement sont postmillénaristes et croient que la prédication de l’Evangile transformera progressivement les structures de la société et permettra à la justice divine de triompher. Les méchants seront punis, et les justes vivront dans la paix. Les théonomistes sont intéressés à l’engagement politique, mais ils n’en font pas une obsession, car la transformation attendue de la société sera l’œuvre de Dieu. Certains critiques estiment que les théonomistes sont des légalistes, mais c’est mal les comprendre, car ces chrétiens réformés soulignent avec force l’alliance de la grâce.

    Les théonomistes m’ont permis d’apprécier à sa juste valeur la richesse et la profondeur de la loi mosaïque, alors que trop souvent les théologiens dénigrent bien rapidement cette partie de la révélation divine. Les théonomistes ne sont pourtant pas les seuls éthiciens à avoir influencé ma pensée. J’ai une dette de reconnaissance aussi envers des auteurs réformés, évangéliques ou mennonites. Ces derniers, par exemple, soulignent mieux que les autres la dimension communautaire, le sens du service, l’entraide fraternelle et l’esprit pacifique qui doit animer le chrétien.

    Mon approche éthique est tributaire de différents courants (heureusement), mais elle est aussi originale de par son insistance sur la personne de Dieu. Sur le blog de la Free, Serge Carrel exprime son étonnement face au titre de mon livre « Vivre l’éthique de Dieu ». Il parle de la « force marketing » et « d’ambition ». Rien de tout cela. Mon titre est l’expression d’une conviction. L’éthique doit trouver son enracinement dans la personne de Dieu – Père, Fils et Saint-Esprit. Comme je l’indique dans la préface de mon livre, mon propos n’a pas été de « présenter une multiplicité de points de vue » et d’en évaluer les forces et les faiblesses. (Cela pourra faire l’objet d’un autre livre.) Mon objectif a été de présenter une approche éthique qui repose sur un a priori simple, fondamental et évident : à savoir que Dieu est la référence absolue dans le domaine du bien.

    Personnellement, j’ai trouvé cette approche profondément renouvelante. Elle m’a permis d’aller au-delà de la lettre, sans pour autant rejeter la lettre, et de voir l’harmonie de la révélation divine et de mieux saisir la sainteté de Dieu. Ayant dit cela, j’ajoute aussitôt que ce point de départ « illuminant » ne résout pas en un clin d’oeil toute difficulté éthique, mais il donne à l’homme une orientation large, profonde, concrète et imagée qui nourrit la réflexion éthique. Dieu a voulu que l’homme réfléchisse, médite et discerne son chemin. C’est ce que je me suis efforcé de faire dans la deuxième partie de mon livre, en abordant, l’un après l’autre, les grands domaines de l’éthique. Mon approche est plus « théocentrique » que « théonomiste ». C’est Dieu qui doit être au cœur de notre réflexion et pas seulement la loi de Dieu.

    L’accent que Jésus place sur l’éthique « personnelle » est fondamental. Il ne faut jamais l’oublier. Si les théonomistes et d’autres chrétiens évangéliques (et libéraux) rappellent aujourd’hui l’importance de l’engagement social (un message parfois négligé autrefois), il ne faudrait pas non plus oublier que Jésus est venu changer en priorité les cœurs humains, et non les structures de la société. Le monde va vers sa perdition. Une grande tribulation précédera le retour du Seigneur Jésus. Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille baisser les bras maintenant et renoncer à combattre l’injustice, car nul ne connaît le jour de son retour. Tant que Dieu nous prête vie nous sommes appelés à aimer notre prochain en l’aidant et en l’éclairant. (Voir chap. 16).

    Dans un monde en manque de repères, les chrétiens sont appelés à se recentrer sur la personne de Dieu tel qu’il s’est révélé dans ses paroles et dans ses actes, aussi bien dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament. Ils y trouveront l’inspiration et la force pour vivre l’amour et la justice au quotidien.

  • Gérald Turin lundi, 21 mars 2011 20:18

    Bonjour,
    Pour ma part, j'ai été fort surpris de l'analyse de Mr Carrel à l'encontre du dernier livre de Daniel Arnold. Pour avoir lu ce livre d'un bout à l'autre, je dois dire que je me retrouve en aucune manière dans les propos tenus par Mr Carrel. Je pose la question de savoir si il l'a effectivement lu ce livre dans son intégralité. Dans la positive, alors me vient naturellement une deuxième question: Mr Carrel a-t-il véritablement compris l'essence de l'ouvrage de Mr Arnold? Tant son article manque de relever les nuances pourtant évidentes ce que Mr Arnold, relevons-le, de son côté, ne manque pas de faire. Mr Carrel pense-t-il sérieusement que Daniel Arnold n'aurait pas saisi le rôle central de l'oeuvre de Jésus-Christ? Ou encore qu'il n'aurait pas compris l'aspect de la fin de la loi, qui précisons-le se rapporte à son aspect sacrificiel et non pas moral ou éthique? Soyons sérieux, peut-on légitimement qualifié le professeur Arnold de théonomiste au sens strict de la terminologie? Pour plus de clairvoyance ou d'objectivité, j'invite Mr Carrel à suivre quelques cours sur les synoptiques, dispensés par l'auteur.

  • Serge Carrel samedi, 26 mars 2011 20:39

    Cher Daniel,
    Tout d’abord un grand merci de prendre la peine d’entrer dans un débat « théologique » sur ce blog. Comme je vous l’ai dit la dernière fois que nous nous sommes rencontrés, je crois que cet échange est utile pour vos étudiants, pour ceux qui fréquentent la Formation au service dans l’Eglise (FSE) de la FREE, et pour d’autres !
    Vous le savez bien, ce qui motive ma recension et me pousse à sortir du bois alors que je ne le souhaitais pas forcément, c’est votre plaidoyer pour la peine de mort, un plaidoyer auquel vous avez habitué les Romands. En 1995, tel était déjà votre propos dans le mensuel L’Avènement. En son temps, ce propos avait choqué beaucoup de gens, bien au-delà des cercles évangéliques puisque ce mensuel avait été distribué en tout ménage dans pas mal de foyers de notre région... et avait suscité la polémique !!!
    Le livre de Christopher Wright « L’éthique et l’Ancien Testament » (Cléon-d’Andran, Excelsis, 2007) semble être une référence qui nous est commune. Aidons-nous de cet autre « pavé » (plus de 600 pages !!!) pour gagner encore en perspective et inscrire votre propos dans un cadre plus large ! Le fait que ce livre ait été traduit par deux professeurs de la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine en région parisienne, Jacques Buchhold et Christophe Paya, ainsi que par Richard Doulière, dit toute son importance pour notre milieu et pour notre débat !
    De manière très stimulante, Christopher Wright dresse un tableau des « écoles » de perception de l’Ancien Testament dans l’histoire de l’Eglise (chapitre 12, p. 449). Pour cet auteur anglais, pédagogue, il y en aurait trois. Une première qui refuse ou méprise, parfois de manière cachée ou inconsciente, l’Ancien Testament, et que l’on pourrait rattacher à Marcion, l’hérétique du IIe siècle. Cette position n’est pas la nôtre ! La deuxième école se rattache à l’école d’Alexandrie (Clément et Origène) qui table sur une continuité et une unité fondamentale de l’Ancien et du Nouveau Testament... Une telle école aurait comme disciples dans l’histoire de la perception de l’Ancien Testament dans l’Eglise un Calvin, une certaine tradition réformée, les théonomistes... et vous, si je puis me permettre !
    Il y aurait enfin une troisième école qui respecte profondément l’Ancien Testament et se rattacherait à Antioche (Jean Chrysostome...). Cette école valoriserait la nouveauté fondamentale apparue en Christ et lirait l’Ancien Testament à partir d’une christologie forte. loin d’un Christ « rabougri » comme je le faisais remarquer dans ma recension de votre livre ! Wright complète : « L’école d’Antioche insistait sur la progression historique des Ecritures et sur l’importance de l’accomplissement rédempteur de l’Ancien Testament dans le Nouveau. Son approche de l’autorité biblique était moins statique et plus dynamique... » (p. 453).
    Luther, nombre d’anabaptistes et de mennonites, mais aussi beaucoup d’éthiciens évangéliques d’aujourd’hui (Christopher Wright est du nombre !) s’inscriraient dans cette école qui, rappelons-le, ne part pas de la loi comme coeur de l’éthique, mais de l’extraordinaire nouveauté du Christ dans l’histoire du salut... comme dans l’histoire de l’éthique que Dieu propose aux hommes !
    Ce développement de Christopher Wright rend compte d’un paysage évangélique auquel, je l’espère, vous souscrivez... Il permet aussi de situer les uns et les autres et d’entrevoir qu’il y a plusieurs lectures évangéliques possibles... Donc que votre plaidoyer en faveur de la peine de mort peut représenter le point de vue d’une certaine école, mais nullement de l’ensemble du mouvement évangélique.

    Voilà pour cette fois.

    En Christ... et au plaisir de poursuivre le débat !
    Serge Carrel, journaliste... et formateur d’adultes au sein de la FREE

  • Georges lundi, 28 mars 2011 15:23

    Merci Monsieur Carrel d’avoir enfin été transparent et pour avoir aussi usé de sensibilité, ce qui n’est pas votre qualité première. Tout ce que vous ajoutez ce lisait, se sentait dans vos lignes. Votre article n’est que la suite d’une vielle rengaine entre vous-même et l’auteur recensé et le but recherché était de rajouter un point à au score ce surtout dans le but d’isoler encore plus l’auteur.

    En ce qui me concerne je trouve fort dommageable que vous utilisiez votre pouvoir – être journaliste s’est avoir un pouvoir – pour régler vos comptes si ce n’est pour les rendre public. Je garde de vue que le corps de Christ doit rassembler l’ensemble des enfants de Dieu et j’espère que vous serez d’accord Daniel Arnold en fait partie. Je sais que le Seigneur nous a dit qu’il nous préparait des demeures dans l’éternité : peut-être pour vous éviter de vous croiser ?

    Si je puis vous suggérer une chose : rangez votre plume ou alors faites en usage auprès du Blick, du Matin voire Paris Match mais arrêter de nous polluer avec vos articles et vos propos qui n’apportent que la division. Vous soulignez avec justesse que vous êtes journaliste et formateur d’adulte au sein de la FREE. C’est justement parce que vous n’avez aucun ministère local au sein d’une église que vous passez à côté de ces réalités.

  • Ignace mardi, 29 mars 2011 16:14

    Le 21 mars, Daniel Arnold écrivait :

    "Les théonomistes viennent généralement des milieux réformés et croient que la pensée de Dieu s’applique à tous les domaines de la vie. Ils sont préoccupés par les questions de justice sociale et estiment que les prescriptions morales de la loi de Moïse doivent être examinées avec la plus grande attention, car c’est là que Dieu a révélé un code civil pour gérer une société marquée par le péché."

    Je ne peux m'empêcher de faire le lien entre cette façon de présenter les "théonomistes" (qui se disent également "reconstructionnistes"), et la façon dont Frank Schaeffer, le fils de Francis Schaeffer, en parle. Ainsi, dans un article publié hier, dans la rubrique politique d'un grand journal étasunien (le Huffington Post), le même Frank Schaeffer, ne mâchait pas ses mots lorsqu'il évoque l'impact des reconstructionnistes sur les évangéliques d'Amérique du Nord.

    Voici le lien de l'article : http://www.huffingtonpost.com/frank-schaeffer/2012-will-be-about-the-re_b_841092.html

    Pour rappel, Frank Schaeffer est (avec son père et le pasteur baptiste fondamentaliste Jerry Falwell) à l'origine de la Moral Majority [majorité morale], ce courant composé d'évangéliques conservateurs qui a propulsé Ronald Reagan à la présidence des USA. Depuis, Frank Schaeffer a changé d'avis sur les causes pour lesquelles les chrétiens doivent se mobiliser.

    Schaeffer poursuit son article en avançant que, depuis les années 1960, les reconstructionnistes ont durci leurs positions. C'est notamment à Rousas Rushdoony, l'une des figures marquantes de ce mouvement, que l'on doit l'élaboration d'une position systématique sur la façon d'appliquer la loi mosaïque à la société américaine. Et Schaeffer d'avancer : "Jusqu'à ce que Rushdoony, […] commence à écrire […] la plupart des fondamentalistes américains (y compris mes parents) n'avaient pas essayé d'appliquer, aux États-Unis, les lois bibliques à propos de la peine capitale en cas d'homosexualité."

    Daniel Arnold évoque le souci de "justice sociale" des "théonomistes" : à lire l'exposé de Schaeffer, cette forme de souci m'apparaît fort discutable...

    Si l'on jette un coup d'œil au site Internet qui fait l'apologie de Rousas Rushdoony, un site directement issu de l'organisation qu'il a fondée et dirigée, la Chalcedon Foundation, on pourra lire de façon "édifiante" le Christian Manifesto [Manifeste chrétien] rédigé par le même Rusdhoony. Or, ce manifeste stipule que "Les dirigeants civils qui gouvernent sans le Seigneur et Sa Loi/Parole sont, comme l'affirme Augustin, peu différents d'une maffia, à ceci près qu'ils sont plus puissants" (http://chalcedon.edu/topics/christian-reconstruction/). Ce qui conduit cet auteur à faire l'apologie de la "théocratie" et à vouer la démocratie aux gémonies (http://chalcedon.edu/research/articles/the-meaning-of-theocracy/).

    Lorsque Daniel Arnold reconnaît sa dette envers les théonomistes, on souhaiterait connaître plus explicitement ce qu'il leur doit. À ce propos, Jean-Marc Berthoud est beaucoup plus clair : dans son dernier ouvrage, il fait de Rushdoony l'une des inspirations principales de sa théologie politique.

  • Jean-Marc Berthoud mercredi, 30 mars 2011 12:30

    Cher Monsieur,
    1. Le mouvement de la Majorité Morale aux Etats-Unis est né suite à la première élection de Reagan. Elle n’en était certainement pas la cause mais une conséquence. Francis Schaeffer, très malade à l’époque, a certes réveillé bien des évangéliques dans le monde entier quant à leurs responsabilités publiques, mais il n’a pas joué un grand rôle politique dans le développement de cette « majorité morale » dont le moteur était surtout le pasteur fondamentaliste évangélique, Jerry Falwell.
    2. Frank(y) Schaeffer, le seul fils de Francis Schaeffer, n’a joué qu’un rôle marginal dans ce mouvement très bigarré qui cherchait à redonner un certain sens moral à la politique américaine. Le combat principal de ces chrétiens bibliques était contre l’avortement légalisé, premièrement, puis contre la croissante centralisation de l’État américain.
    3. Frank(y) Schaeffer s’est ensuite « converti » à l’Orthodoxie où il a eu des ennuis en conséquence de sa propagande énergique en faveur de l’évolutionnisme. Puis, plus récemment, il s’est détourné avec vigueur de tout son héritage familial évangélique et réformé confessant, publiant un livre scandaleux (il a la manie de provoquer des scandales) où il trainait dans la boue ses propres parents (sa mère était encore vivante) ceci même jusque dans leur vie familiale. Il a ainsi attaqué de front une grande partie de l’enseignement reçu de son propre père.
    4. Frank(y) Schaeffer milite actuellement dans les milieux de gauche et est devenu, en quelque sorte, la coqueluche de certains des cercles les plus antichrétiens en Amérique.
    5. Les remarques équitables de Daniel Arnold sur la théonomie – il ne se dit pas « théonomiste » lui-même –, s’appliquent largement à Rousas J. Rushdoony qui était un pasteur réformé américain et un théologien remarquable attaché aux normes de la Confession de Westminster. Son tort était – pour certains, dont apparemment « Ignace » – de croire, que toute la Bible est inspirée de Dieu et que, comme l’indique II Timothée 3 : 16-17, qu’elle est toujours utile aux chrétiens, Torah hébraïque incluse. Écoutons l’apôtre Paul lui-même : Toute Écriture (il s’agit ici des écrits de l’Ancien Testament puisque le Nouveau n’était pas encore constitué) est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit adapté et préparé à toute œuvre bonne. Cette « justice » pour Paul s’applique également, ceci évidemment avec prudence, sagesse et fidélité, au domaine public (Romains 13 : 1-7). Pour ce qui en est de la « théonomie » elle-même, voyez l’annexe à mon petit livre « Pierre Viret (1511-1571). Un géant oublié de la Réforme. Apologétique, éthique et économie selon la Bible » qui vient de paraître dans La revue réformée ainsi aux éditions Kerygma d’Aix-en-Provence.
    6. L’auteur de cette réaction – un certain « Ignace » – serait-il favorable à l’influence prétendument « bénéfique » de la présente « majorité politique immorale » en Occident, consensus politique qui favorise, entre bien d’autres choses, l’adultérisation et l’homosexualisation de la société ainsi que l’application médicale de la peine de mort, ceci sans la moindre protection du processus juridique normal, tant pour les enfants avant leur naissance que pour les vieux qui gênent leur progéniture ? Ne craint-il pas pour nos sociétés le sort de Sodome et de Gomorrhe ?
    7. Augustin, comme Rushdoony au Point 5 de son petit texte : A Christian Manifesto (1984) – dix courts points dont la lecture peut éclairer chacun sur la modération biblique de ses propos – et Francis Schaeffer (qui est l’auteur d’un livre intitulé lui aussi A Christian Manifesto – 1981), indiquent simplement que l’injustice et la criminalité en haut lieu ne sont pas blanchies par le simple fait d’être revêtue de l’autorité de l’État et ne sont donc guère différentes – à part leur plus grande puissance à faire le mal – de la criminalité des gangsters. Les centaines de millions d’avortements «légaux» perpétrés dans le monde depuis 1973 par nos régimes dits «démocratiques» ne manifestent-ils pas ce que la Bible appelle « l’injustice au nom du droit » ? (Voyez Psaumes 11, 12 et 82 ainsi qu’Ésaïe 1 et 3.) Les 6 millions de Juifs exterminés par les Nazis, les 60 millions de russes exterminés par les Communistes, et les 100 millions et plus de chinois exterminés par le marxiste Mao et ses collaborateurs – on pourrait en citer bien d’autres, Pol Pot, etc., sans parler des événements actuels ! – témoignent éloquemment du caractère maffieux que peut malheureusement revêtir le pouvoir politique.

    Avec mes salutations chrétiennes,
    Jean-Marc Berthoud

  • Ignace mercredi, 30 mars 2011 16:15

    Je remercie Jean-Marc Berthoud d'avoir pris soin d'exposer en détail sa position et ses opinions sur les liens entre la théologie et la politique.

    Je tenais simplement à rectifier quelques inexactitudes chronologiques.

    La fondation officielle de la Majorité Morale date de l'été 1979. (http://en.wikipedia.org/wiki/Moral_Majority#cite_note-5). Dès 1980, Falwell annonce que la Majorité Morale soutiendra la candidature de Ronald Reagan. Ce dernier accédera à la présidence étasunienne le 20 janvier 1981.

    Quant à Francis Schaffer, il entre en contact avec Falwell dès 1978, après l'avoir entendu prêcher. Les liens entre Falwell et les Schaeffer seront étroits – y compris avec Franky Schaeffer qui prêchera un sermon très remarqué dans l'Église de Falwell en octobre 1982.

    Schaeffer évoquer dans son Christian Manifesto (en 1981) la nécessité de s'allier à la cause de la Majorité Morale dans la lutte politique que celle-ci mène contre l'humanisme séculier (chapitre 4).

  • Geroges mercredi, 30 mars 2011 17:15

    Vous n'avez pas un peu l'impression que le débat ressemble fort à 1 Corinthiens 1:12 : Moi, je suis de Paul! et moi, d'Apollos! et moi, de Céphas! et moi, de Christ !

    N'Y a-t-il vraiment des choses plus édifiantes et rassembleur ? Il est sidérant de voir que certains nous entrainent dans des comportements que Paul dénonçaient déjà ! Hélas, l’histoire nous apprend que l’on apprends rien de l’histoire !

  • Jean-Marc Berthoud mercredi, 30 mars 2011 17:27

    Cher Monsieur,
    Je remercie « Ignace » de ses rectifications chronologiques et j'en prends volontiers acte. Cependant, et il le sait sans doute mieux que moi, ces corrections nécessaires ne changent rien à la portée de mon propos.
    Avec mes salutations chrétiennes,
    Jean-Marc Berthoud

  • Loyola vendredi, 01 avril 2011 09:33

    Docte frère Ignace,
    Assoiffé de transparence,
    Avance masqué.

    Ainsi est doublement honorée
    La mémoire du père fondateur
    De l’ordre des jésuites.

  • Ignace vendredi, 01 avril 2011 20:22

    Pour "Loyola" (et pour quiconque lira),

    Manquant de talent poétique, je me contenterai de répondre simplement à votre inquisition sur mon identité, mais aussi à vos allusions aux jésuites.

    S'il me fallait me reconnaitre chez un Père dont j'aurais le hasard de partager le nom, ce serait Ignace d'Antioche, qui reçut directement le bon dépôt de la foi des Apôtres et le transmis aux générations suivantes (dont Polycarpe de Smyrne et le grand Irénée de Lyon).

    Ce même Ignace dont l'éthique, indissociable de sa spiritualité, consistait à vivre l'exemple laissé par le Christ : donner sa vie pour autrui comme signe - sacrement - de l'amour de Dieu ; et non prendre la vie d'autrui au nom d'une lecture aussi discutable que dangereuse de la Loi.

    Ce qui nous ramène aux éclaircissements que je demandais dans le cadre d'un débat public. Et, plus précisément, ce qui nous reconduit au titre et au sujet de l'ouvrage de Daniel Arnold : "Vivre l'éthique de Dieu".

    Je vous salue d'une salutation aussi évangélique qu'apostolique et ignacienne (d'Antioche) : dans le Fils, le Père et l'Esprit.

    Iñigo (Ignace) Borges
    inigoborges(at)gmail.com

  • Jean-Marc Berthoud dimanche, 03 avril 2011 08:56

    Cher Monsieur Inigo Borges,

    Le cœur du débat dans lequel nous sommes entrés grâce au compte-rendu intempestif de Monsieur Serge Carrel est, me semble-t-il, bien exprimé par votre homonyme argentin Jorge Luis Borges (Burgess) lorsqu’il écrit :

    « …dans le langage des hommes il n’existe aucune proposition qui n’implique pas l’univers tout entier : dire « le jaguar » c’est nommer tous les jaguars qui l’ont engendré, toutes les biches et toutes les tortues qu’il a dévorés, l’herbe qui a nourri les biches, la terre qui est la mère de l’herbe, le ciel qui donna la lumière à la terre. »

    Ce point de vue totalisant est celui de l’absolue souveraineté du Pantocrator (le Maître universel) de toutes choses, notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, qui établit, en tant que Créateur, Providence et Rédempteur – avec le Père et le Saint-Esprit, un seul Dieu – le sens, la diversité et l’unité de toutes choses, en bref, cet ordre cohérent de l’univers dont parle si bien notre romancier argentin.

    C’était, comme vous le savez sans doute, le point de vue d’Ignace d’Antioche, de Polycarpe de Smyrne, d’Irénée de Lyon. Leur imitation du Christ ainsi que vous l’indiquez allant jusqu’au martyre, n’était que la manifestation de leur union avec notre Sauveur, Dieu le Fils fait homme. Car c’est dans Son obéissance humaine parfaite à la Loi de Moïse – règle révélée de l’ordre de la création – que nous entrons par la foi, et au moyen de la grâce seule, dans la justice de Dieu.

    C’est une incohérence de vouloir, comme vous semblez le faire, séparer notre union avec le Christ de notre sanctification, notre obéissance persévérante à tous ses commandements. Est-il possible de séparer, comme vous semblez vouloir aussi le faire, les ordres du Christ de sa Personne même ? Un tel Christ désincarné et gnostique n’aurait donc plus rien de pratique à nous dire ?

    C’est donc en Jésus-Christ et par la force du Saint-Esprit que nous Chrétiens sommes appelés à obéir dans tous les domaines de notre vie à toute la Parole-Loi de Dieu, telle que nous la révèle la Bible. Et c’est bien cela qu’ont enseigné les grandes figures chrétiennes incriminées par M. Serge Carrel, par M. Frank(y) Schaeffer (que vous citez) et par vous-même : Daniel Arnold, Francis A. Schaefer, Rousas John Rushdoony, docteurs de l’Église qui n’ont pas hésité à se dissocier du consensus délétère propre à leur temps.

    Si vous aviez pris la peine de lire un peu plus que le titre du livre de M. Arnold, ou autre chose que les impiétés (envers ses propres parents, envers d’éminents docteurs de la foi et envers Dieu) de Frank(y) Schaeffer, vous auriez compris que, comme Ignace, comme Polycarpe, comme Irénée (et comme toute l’Église fidèle de Jésus-Christ), M. Arnold voit l’obéissance du chrétien aux commandements de Dieu (« Vivre l’éthique de Dieu ») dans son union intime avec son Sauveur, notre Seigneur Jésus-Christ.

    Avec mes salutations chrétiennes,

    Jean-Marc Berthoud

  • Ignace lundi, 04 avril 2011 15:04

    Je remercie Jean-Marc Berthoud d'avoir pris le temps d'exposer en détail ses positions (aussi minoritaires que problématiques) sur les liens entre la loi mosaïque et la personne du Christ.

    Les problèmes théologiques abondant pratiquement à chaque ligne de sa réponse, il me faudrait produire un rectificatif beaucoup trop long, tant au regard de l'espace qu'il occuperait sur cette page, que du temps qu'il me prendrait à rédiger. Dès lors, je ne peux que renvoyer à des ouvrages présentant un point de vue plus équilibré, tel celui de Christopher Wright qu'évoquait Serge Carrel.
    (Il était plus aisé de corriger les inexactitudes historiques de M. Berthoud par un simple renvoi à des éléments factuels.)

    Il va de soi que je récuse les insinuations de gnosticisme et de Christ désincarné que M. Berthoud rapporte à ma position, une posture que je pense partager avec l'ensemble de l'Église – et non uniquement avec quelques théologiens étroits subitement promus au rang de "docteurs" de l'Église (Schaeffer, Rushdoony). D'ailleurs, par qui sont-ils promus à ce rang ? Quelle dénomination, quel magistère, quelle délibération synodale ? Certainement pas le monde évangélique (si ce n'est fondamentaliste), ni le protestantisme dans son ensemble, et encore moins les Églises catholique ou orthodoxe.

    Pour rappel, la vérité en christianisme ne peut se dire que dans une communion, jamais seul. Et cette communion, sous l'inspiration de l'Esprit du Christ, se donne des ministères et des ministres autorisés. Or, rien de tel chez les penseurs évoqués ci-dessus qui, aussi brillants pourraient-ils sembler à certains, ne sont que des marginaux.

    Par ailleurs, refuser une interprétation théonomiste du rapport entre la Loi (nomos) et le Christ (Logos) ne revient pas automatiquement à dissocier ces deux éléments, mais à en donner une autre articulation. Au 16e siècle, Luther défendait une articulation spécifique, Calvin une autre et, les anabaptistes pacifiques, une troisième. Cette pluralité est intrinsèque au christianisme et oblige à endosser la responsabilité d'une prise de position, c'est-à-dire d'une interprétation. Ainsi, laisser entendre que "cela suffit, parce que c'est écrit dans la Bible" est une stratégie aussi malhonnête que dangereuse : nous sommes responsables des interprétations auxquelles nous parvenons et que nous mettons en œuvre dans nos rapports à autrui.

    C'est donc sur le terrain de la responsabilité et des (in)conséquences que portera mon propos. Mais avant d'y venir, je souhaite avancer une chose en regard de la tournure qu'a prise le débat : un usage moins appuyé du sophisme et des insinuations consistant à signaler la position d'autrui comme hérétique serait bienvenu.
    (Cette remarque s'adresse en particulier à quiconque se voile derrière le pseudonyme "Loyola" et, ce faisant, use du plus vil et du plus faible argument qui soit, l'attaque ad personam [http://fr.wikipedia.org/wiki/Ad_personam].)

    J'en viens à la responsabilité des interprétations :

    Rusdhoony n'a rien à voir avec Ignace d'Antioche, Polycarpe de Smyrne ou encore Irénée de Lyon. Ces Pères de l'Église avaient une compréhension pacifique et pacifiante de l'Évangile, raison pour laquelle ils sont morts en martyrs. C'est parce qu'ils ont combattu pacifiquement, livrant le "bon combat" (comme dirait Paul), qu'ils sont aujourd'hui des modèles et des docteurs de la foi.

    Rushdoony, par contre, n'hésite pas à se faire l'avocat de la peine de mort, une peine qu'il lie directement au sacrifice expiatoire du Christ. À en croire ce théonomiste, si la peine de mort est injustifiée, la mort expiatoire du Christ sur la Croix n'a aucun sens.
    (Sur la question de l'expiation, il y a tout un travail théologique à fournir. Mais on se rapportera notamment à l'excellent ouvrage de Colin Gunton, ancien Professeur de doctrine chrétienne au King's College de Londres : Actuality of Atonement. A Study of Metaphor, Rationality and the Christian Tradition – 1988.)

    Nous avons là deux conceptions singulièrement opposées du sens du sacrifice. Les uns acceptent de mourir, donnant le plus grand témoignage qui soit du fait qu'ils vivent comme le Christ. Ce faisant, ils donnent la plus juste interprétation du sens de la Croix.
    L'autre revendique qu'il faut donner la mort au pécheur – et le plus tôt sera le mieux.

    Ainsi Rushdoony n'hésite pas à dresser la liste des délits qui devraient faire l'objet de ce genre de peine, parmi lesquels : l'homosexualité, l'adultère, mais aussi la délinquance juvénile, voire l'insoumission parentale ou encore le blasphème !
    (cf. The Institutes of Biblical Law, 1973, pp. 73-78).

    Certes, la liste qu'il dresse provient des dispositions mosaïques. Mais ces dispositions renvoient à une société sémite qui vivait il y a plus de 3'000 ans !
    Il me semble que, depuis, nos institutions ont sensiblement progressé, la délibération démocratique et le recours à l'expertise scientifique me paraissent une nette avancée dans la façon de gérer nos sociétés et de produire des institutions adaptées aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Et si ces institutions ne sont pas adaptées, elles sont perfectibles.

    Oui, pour les chrétiens, il y a bien un moyen d'articuler l'Écriture (et pas seulement la Loi de Moïse) avec l'époque moderne et les enjeux propres à nos sociétés : et ce moyen s'appelle l'Esprit du Christ, ou l'Esprit de vérité. Soit ce moyen ecclésial et communautaire – d'ailleurs, avec qui Rusdoony était-il en communion en dehors de lui-même et d'un cercle restreint d'admirateurs ? – qui nous permet de discerner dans l'époque qui est la nôtre comment vivre une vie semblable à celle du Christ, c'est-à-dire une vie véritablement humaine.

    Mais, au-delà des arguments théologiques, et plus fondamentalement, tout ce débat pose une question fort simple relative à notre sens ordinaire de la justice, de la décence et de la compassion, un sens que, pour la plupart, nous partageons avec nos contemporains. Et il n'y a pas besoin d'être chrétien pour partager de tels soucis. Si ce n'était pas le cas, nos sociétés seraient déjà à feu et à sang.

    Non, je ne peux faire mienne une conception de la Loi (et c'est bien une certaine conception, minoritaire et problématique), aussi révélée se dirait-elle, qui n'aurait d'autre recourt que de mettre à mort ceux qui enfreignent la loi !
    C'est, du point de vue humain et contemporain, une simple régression que de poser la peine de mort comme solution "miracle" à nos problèmes de société. Il existe aujourd'hui d'autres institutions pour tenter de régler les problèmes sociaux, des institutions beaucoup plus pacifiques auxquelles le christianisme a apporté sa contribution – et précisément pas le genre de christianisme que défend Rushdoony.

    Je sais que je ne convaincrai pas Jean-Marc Berthoud. Et là n'était pas mon objectif. Il s'agit simplement de dire qu'il nous incombe d'assumer la responsabilité de nos interprétations et, surtout, que ce ne sont pas les interprétations qui se disent les plus "bibliques" qui sont forcément les plus chrétiennes, c'est-à-dire les plus fidèles au Christ. Une Loi dénuée de grâce est une lettre morte. Et le sens plénier de la Loi se trouve dans la vie du Christ, et non l'inverse. La Loi et le Christ sont indissociables, mais c'est Jésus qui nous en a donné la plus parfaite interprétation (comme nous le rappelle Jn 1).

    Une conception de la Loi qui fait fi d'un sens élémentaire de la justice, de la dignité et de la compassion se mue en une idéologie meurtrière. Et cela, à mon sens, est une interprétation aussi erronée que dangereuse de l'œuvre du Christ, quelles que soient les "références" bibliques qu'elle invoquerait.

    Une fois encore, je remercie Jean-Marc Berthoud de sa participation au débat, mais c'est bien Daniel Arnold qui était sollicité. Son silence signifierait-il qu'il est en accord avec les positions de M. Berthoud ?

  • Pascal Vidoudez mardi, 05 avril 2011 12:20

    Serge Carrel souhaite susciter un débat sur des questions aussi fondamentales que la présence de l’Ancien Testament dans nos Eglises, sa lecture et son interprétation. Dans sa dernière intervention, il cite trois « Ecoles de perception de l'Ancien Testament » et mentionne des noms.

    Le débat est utile et il me semble important de commencer par rappeler la doctrine enseignée à l’Eglise après la disparition des 1ers Apôtres. Ceci en reprenant quelques noms de personnes que Serge Carrel cite. Dans un second temps, je développe ma réflexion.

    MARCION DE SINOPE
    Ce n'est pas seulement l'Ancien Testament qu’il a rejeté en bloc (NOTES 1), mais également en partie le Nouveau.
    Considérant que les auteurs des Evangiles avaient mal compris le message de Jésus, Marcion de Sinope n’a gardé que celui de Luc. Et encore, il en a supprimé le début jusqu’en 4:32 (naissance miraculeuse).
    Marcion de Sinope a conservé partiellement aussi 10 des épîtres de Paul (sans Timothée et Tite). Qu’il a épuré, plus en vertu de ses thèses que sur la base d'une critique historique. Par exemple, il a supprimé plusieurs passages de l’Epître aux Romains. Il a retouché ceux où Jésus est identifié au D.ieu de l’Ancien Testament.

    L'importance de l’enseignement de Marcion de Sinope au sein de l'Eglise a poussé cette dernière à se poser la question de savoir quels livres du Nouveau Testament reconnaître. Cette démarche est à l’origine de l’établissement des 27 Livres contenus dans le Canon.

    Après avoir été excommunié, Marcion de Sinope a créé sa propre Eglise, dont l’importance pouvait se comparer à l’Eglise romaine jusqu'à ce qu'elle se ramifie.
    Justin de Naplouse nous dit, vers 155 (Apol. I 26), que l’influence de Marcion s’étendait sur tout l’empire. Aux environs de 208, Tertullien confirmait que « la tradition hérétique de Marcion emplissait l’univers » (C.M. 5/19), ce qui n’était pas le cas de l'Eglise romaine.
    Au Ve siècle, Théodoret, évêque de Chypre, écrivant au pape Léon Ier, déclarait : « J’ai converti au cours de ma carrière plus de mille marcionites vivant dans huit villages ».

    L’enseignement dispensé par Marcion de Sinope a constitué ainsi un grave danger pour l’Église et cela explique pourquoi, à partir du troisième quart du IIe siècle, la plupart des écrivains chrétiens rédigèrent des textes contre ses doctrines.

    L'ECOLE D'ANTIOCHE
    JEAN CHRYSOSTOME est l’un des « pères » de l’Eglise orthodoxe grecque d’Antioche. Or, il avait une interprétation et une lecture bien particulière de l’histoire du salut. Selon lui « Les Juifs et les païens doivent apprendre que les chrétiens sont les sauveurs, les protecteurs, les chefs et les maîtres de la cité » (Homélies sur les statues, I, 12).
    Jean Chrysostome semble ainsi mettre au même niveau les Juifs et les païens. N’en déplaise à certains, les Juifs n'avaient pas besoin de se convertir au D.ieu d'Israël puisqu’ils le connaissaient déjà; ils ne leurs « manquent » que de reconnaître Jésus comme Messie. J’y reviendrais.
    Par contre, les païens doivent se convertir tant au D.ieu d'Israël qu'ils ne connaissent pas et doivent en plus reconnaître Jésus comme étant Celui par qui nous pouvons être sauvés.
    La différenciation que nous devons faire entre Juifs et païen n'est pas à négliger. Toutefois, les deux « groupes » sont concernés par ce que Paul dit à Timothée : "Prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant." (2 Tim 4:2.
    En outre, Jean Chrysostome tient un langage grossier et irrespectueux envers les Juifs disant que « La synagogue est pire qu’un bordel. C’est l’antre de vauriens et le repaire de bêtes sauvages. Le temple de démons se consacrant à des cultes idolâtres ».

    A cette école, il faut rattacher Nestorius (NOTES 2), Ibas d’Edesse et Théodoret de Cyr, par la suite (au Vème siècle) condamnées pour hérésie.
    L'école d'Antioche tomba dans le discrédit après le concile d’Ephèse de 431.

    L'ECOLE D'ALEXANDRIE
    CLEMENT était un théologien et simultanément un philosophe grec. Sa pensée était solidement ancrée à des principes libéraux qu'il enseignait. Curieusement cela lui était possible alors que les autorités de l'Église, autour de l'impérieux pape Demetrius I, étaient totalement dénuées d'esprit de libéralité pour ce qui est de la doctrine.
    Ne trouvant pas d'incompatibilité entre les prophètes bibliques et les philosophes grecs, Clément s'est alors penché à réconcilier les enseignements bibliques avec les anciens enseignements grecs.
    Il se donnait du mal à essayer d'apporter la preuve de ce que les Grecs avaient plagié Moise et l'Ancien Testament. A une époque où les enseignements gnostiques avaient encore laissé des traces parmi les chrétiens d'Égypte, Clément malgré toute son orthodoxie traditionnelle ne manifestait pas d'hostilité ouverte à la gnose. Bien que techniquement il n’était pas lui-même gnostique, il enseignait dans ses cours que l'illumination était l'essence véritable de la perfection chrétienne dans la connaissance religieuse.

    ORIGENE pouvait par sa mère avoir été d'origine juive, ce qui expliquerait ses talents en hébreux.
    Dans son adolescence, il suivait à la lettre la parole de l'Evangile jusqu'à se mutiler lui-même, devenant ainsi eunuque (Matth 19:12). Ce qui provoqua des démêlés avec le patriarche Demetrius I cité plus haut.
    L'éducation d'Origène a été enrichie en étant "disciple" de Clément. Il assimila très facilement ses enseignements. Origène étudia également la philosophie païenne et la littérature sous la direction d'Ammonius Saccas, le fondateur réel du néoplatonisme de l'École Ptolématique d'Alexandrie.
    En tant que professeur biblique et philosophe, Origène a produit plus de 6'000 livres et traités. On trouvait difficilement un seul Livre de l'Ancien ou du Nouveau Testament qu'il n'ait longuement commenté. Son étonnante édition critique de l'Ancien Testament, le HEXAPLA, collationne sur six colonnes parallèles tous les textes disponibles dans les textes grecs et hébreux.
    Origène soutenait que Jésus n'est fils de D.ieu que par adoption, que l'âme de l'homme a péché même avant d'être unie au corps, que les peines de l'enfer ne sont pas éternelles. C'est surtout dans le livre des Principes que se trouvent ces idées. Elles ont été condamnées en 325 par le premier concile de Nicée.

    ***
    Si je me suis appliqué à expliciter ces trois Ecoles de perception de l'Ancien Testament citées par Serge Carrel, c’est que toutes se distancent de l’enseignement véritable, d’une façon ou d’une autre. L’apôtre Jean en avait reçu la révélation puisque le Livre de l’Apocalypse (Revelation en anglais), commence par dresser l’état de l’Eglise (NOTES 3).

    De plus, ces Ecoles ont grandement contribués à propager la théologie de remplacement, soit l'idée que l’Eglise des Gentils aurait remplacé Israël. Avec comme résultat que les promesses données à l’origine à Israël appartiennent maintenant à l’Eglise.

    Encore aujourd’hui, certains chrétiens considèrent que l’Ancien Testament a donc été abrogé par le Nouveau Testament. Pour eux, bon nombre des 39 premiers livres de la Bible ne sont l’histoire que d’un peuple, certes choisi par D.ieu, mais à maintes fois rebelles à Ses commandements. Un peuple qui n’a pas su reconnaître en Jésus, le Messie tant attendu. Pourtant, nous observons le contraire dans les Évangiles et dans le livre des Actes où littéralement des milliers de Juifs Le suivaient. De plus, tous les fondateurs de la première Église à Jérusalem étaient Juifs. Et tous les Apôtres, les 1ers martyrs et les annonciateurs de la Bonne Nouvelle l'étaient également.

    Ces différentes Ecoles de perception de l'Ancien Testament ont quelque part favorisés 2'000 ans d’antisémitisme chrétiens à l’égard des Juifs. Ceci car l’Eglise se serait substituée à Israël et aurait pris son rôle. Et pourtant l’Apôtre Paul dit clairement : « D.ieu n’a pas rejeté Son peuple (Israël) qu’IL a connu d’avance »… (Ro 11 :2)

    Tout au long de l’histoire pourtant, bon nombre de (théologiens) chrétiens ne souscrivent pas à la théologie du remplacement citée plus haut. Entre le XIXème et XXème siècle, parmi d'autres les pasteurs Emile Guers (NOTES 4) et François Godet (NOTES 5), le Révérend William Hechler, Henri Dunant ; les pasteurs Martin Luther King (NOTES 6), Gaston Racine, Jean-Marc Thobois.

    Un ami pasteur me partageait que ceux qui ont un problème avec l’élection du peuple élu, ont un problème avec leur propre élection. Ils n’en comprennent pas le sens véritable. Selon mon expérience, j’ajoute que ceux qui ont une difficulté avec Israël, en éprouve de même avec l’Ancien Testament. Ils restent ainsi river pour ainsi dire au Nouveau mais oublie de se référer au Livre de l’Apocalypse et du message qu’il contient (notamment au niveau de l’ère messianique à venir, d’Israël, etc)

    Ainsi, certains chrétiens semblent mal comprendre l’essence même du Nouveau Testament et la signification de la venue de Jésus, le Messie tant attendu.

    Il y a plusieurs raisons dans Sa venue. L’une d’entre-elle est citée dans le Sermon sur la colline : « Ne croyez pas que je sois venu pour supprimer la Loi, ou l'enseignement des prophètes; je ne suis pas venu pour les supprimer mais pour leur donner leur véritable sens. Car, je vous le dis en vérité, aussi longtemps que le ciel et la terre dureront, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui désobéit à l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. » (Matth 5 :17-19)

    Que devons-nous comprendre donc par ce passage ? Jésus lui-même nous enseigne deux notions fondamentales assorties d’un avertissement
    1. Jusqu’à l’arrivée des nouveaux cieux et de la nouvelle terre, il ne disparaîtra pas de la Loi un seul iota ;
    2. Il ne disparaîtra pas de l'enseignement des Prophètes un seul trait de lettre jusqu’à ce que tout soit arrivé.
    Que celui qui a des oreilles entendent ce qu’il adviendra à celui qui désobéit ou qui enseigne aux autres à faire de même. Le Livre de l’Apocalypse précise même que « si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l'arbre de la vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre. » (3 Ap 22 :19).

    Beaucoup devrait être consterné d’apprendre ces vérités qui nous viennent pourtant du Nouveau Testament et de Jésus, lui-même.

    Ces affirmations ne devraient-elles pas nous amener à reconsidérer la lecture de l’Ancien Testament sur la base d’une autre approche ? Lorsque nous le lisons, nous voulons interpréter l’Ancien Testament à la lumière du Nouveau. Mais est-ce en cela que Jésus nous enseigne de faire ?
    Ne devrions-nous pas interpréter le Nouveau Testament à la lumière de l’Ancien ? La différence est de taille. Surtout qu'au moment où Jésus parle, le Nouveau Testament n’existait pas, alors que celui que nous appelons maintenant l'Ancien Testament servait de référence. Jésus en a fait maintes fois mention. Il lui a donné son véritable sens.

    Dès lors, ne devrions-nous pas sur la base du véritable sens que lui a donné Jésus,
    • Suivre au iota la Loi de Moïse, notamment les dix commandements :
    1. Je suis le Seigneur ton D.ieu Qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte.
    2. Tu n'auras pas d'autre D.ieu que moi.
    3. Tu ne prononceras pas le nom de D.ieu en vain.
    4. Souviens-toi du jour du shabbat. (instauré en Genèse avant l’appel d’Abraham)
    5. Honore ton père et ta mère.
    6. Tu ne tueras point.
    7. Tu ne commettras pas d’adultère.
    8. Tu ne voleras pas.
    9. Tu ne feras pas de faux témoignage.
    10.Tu ne convoiteras ni la femme, ni la maison, ni rien de ce qui appartient à ton prochain.

    • Suivre à la lettre les enseignements des Prophètes qui annoncent beaucoup de choses encore à venir, dont certaines se déroulent sous nos yeux.

    Voici ce que j’avais à cœur de partager.

    Dans le Messie,
    Pascal Vidoudez-Décoppet

    NOTES
    1)
    Selon Marcion, le D.ieu qui s'est révélé dans l'Ancien Testament n'est pas le même que celui du Nouveau Testament.
    Le D.ieu de l'Ancien Testament est le D.ieu Créateur qui a engendré le monde et la matière. Il est le fondateur de la Loi. Il s'est choisi le peuple d'Israël comme peuple élu et lui promet un Messie. Jusque là, nous pouvons y adhérer.
    Mais selon Marcion, c'est aussi un D.ieu qui a créé un homme faible, qui rend la justice au nom de sa loi, un D.ieu sévère, vengeur et surtout foncièrement mauvais. L’Ancien Testament reste valable comme révélation d’un D.ieu juste et Créateur, mais limité et étranger à l'amour.
    Le D.ieu du Nouveau Testament est à l'inverse un D.ieu d'amour plus que de justice. Selon Marcion, Il est étranger au monde, à la matière, à la Loi, à ses transgressions et donc au péché. C'est lui qui a engendré Jésus-Christ, lequel prend un corps semblable aux hommes, mais non charnel, car la matière est mauvaise. Le Jésus-Christ de Marcion est venu pour abroger l'Ancien Testament et le culte au D.ieu Créateur. Il a pitié des hommes et décide de les sauver, c’est-à-dire de les libérer du joug de la loi pour qu'ils puissent faire le bien.
    Comme, le D.ieu Créateur de Marcion s’aperçoit que Jésus prêche un Dieu supérieur à lui, il le persécute et le livre à la mort de la croix. Comme la domination du D.ieu Créateur continue, le salut ne sera obtenu qu’à la fin des temps.

    2)
    Le nestorianisme est une doctrine affirmant que deux personnes, l'une divine, l'autre humaine, coexistaient en Jésus-Christ. Elle est une des formes historiquement les plus influentes du christianisme dans le monde durant toute la fin de l'Antiquité et du Moyen Âge. Les Églises héritières de ce courant du christianisme oriental sont : certaines communautés chrétiennes de l'est de l'Anatolie et du nord de la Mésopotamie (Turquie et Irak), avec l'Église assyrienne et sa jumelle unie à l'Église catholique, l'Église chaldéenne.

    3)
    Dans ce voyage apocalyptique, un inventaire des bagages de 7 églises est tout d'abord donné, sous forme de message.
    Il nous faut considérer le nombre sept, ici comme toujours, comme indiquant une totalité. C'est-à-dire que le message correspond à la représentation de toutes les nuances, en quelque sorte la statistique des états variés, en bien et en mal, qui peuvent caractériser la chrétienté terrestre. Le mal est ainsi partout présent. Nous aurions pu penser que l'Eglise y échapperait. Mais le constat est dur : 4 églises sur 7 est dans un tableau défavorable.

    4)
    Lequel publia en 1856 « Israël aux derniers jours de l’économie actuelle ou essai sur la restauration prochaine de ce peuple »

    5)
    François Godet a écrit en 1898 un essai qui se confirma en 1948 et Martin Luther King a consigné par écrit quelle était sa foi dans les racines juives du christianisme et son espérance concernant la Terre Sainte d’Israël.

    6) William Hechler se tenait au côté de Théodore Herzl et a joué une part active dans la création de l’Etat Juif d’Israël. Tout comme le fondateur du CICR, Henri Dunant

Opinion - avertissement

Les signataires de ces textes sont soit des membres de l’équipe de rédaction de lafree.ch soit des personnes invitées.
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