×

Message

Failed loading XML...

Venue du mouvement The Call à Genève

jeudi 08 mai 2014 icon-comments 5

Fin mai début juin, un nouveau rassemblement initié par The Call aura lieu à Genève. La venue à cette occasion de Lou Engle, co-fondateur aux Etats-Unis de ce mouvement et figure de proue de la Droite chrétienne américaine, risque de susciter une nouvelle tempête médiatique.

Il ne faut pas être grand clerc pour annoncer que la venue à Genève fin mai début juin de Lou Engle, co-fondateur aux Etats-Unis de The Call et figure de proue de la Droite chrétienne américaine, va susciter une nouvelle tempête médiatique autour des évangéliques en Suisse romande. Chacun est bien entendu libre d'inviter qui il veut... Et même si Lou Engle n'est pas l'affreux inspirateur américain des lois criminalisant l'homosexualité en Ouganda – ce dont il se défend vigoureusement ! – sa réputation est installée dans les médias et il faudra une communication fine et énergivore pour renverser la vapeur.

Le débat théologique n'a pas encore eu lieu !
Ce n'est pas la seule raison qui devrait inciter à la sagesse dont a fait preuve l'Eglise évangélique d'Oron (FREE) (1) qui a renoncé aux interventions de cet orateur à l'occasion de Pâques... Le débat autour de la vision théologique qui sous-tend la démarche de The Call n'a pas encore eu lieu. En janvier dernier, à la sortie du livre de Philippe Gonzalez Que ton Règne vienne, aucune des personnalités charismatiques associées aux précédentes éditions de The Call Geneva, hormis Thierry Bourgeois pasteur de la Paroisse de la Rive-Droite à Genève, n'a réagi au débat initié par notre FREEblog (2). Aucune de ces personnalités ne s'est prononcée sur le fond : la pertinence de la Loi de Dieu que contient l'Ancien Testament pour la société civile du XXIe siècle.

Des doutes sur la pertinence d'un tel événement
L'équipe de communication de lafree.ch et du mensuel Vivre considère qu'un enthousiasme communicatif et une certaine « onction » ne suffisent pas à faire d'une personnalité contestée un témoin crédible de la foi évangélique en Suisse romande aujourd'hui. Elle questionne par conséquent la pertinence de l'organisation d'un tel événement à Genève fin mai.
L'équipe de rédaction de lafree.ch et de Vivre

Notes
(1) Voir sur lafree.ch l'article : « Oron renonce à faire venir Lou Engle à Pâques ».
(2) Voir sur lafree.ch : « Dans 'Que ton Règne vienne', Philippe Gonzalez trace l'évolution du 'combat spirituel' chez les évangéliques romands » et « Philippe Gonzalez questionne le métadiscours des évangéliques des années 2010 ».

 

5 réactions

  • Fred mardi, 20 mai 2014 23:12

    Naïveté ou dérive sectaire de la part de ceux qui invitent ce genre d'individus... Il suffit d'aller consulter les nombreux sites anglophones dénonçant ce personnage, sa maison de ´Prière ´, les liens avec la droite politique, les témoignages d'ex adeptes,... Le milieu évangélique charismatique je l'ai trop connu pour ne plus m'illusionner sur l'abus théologique, la manipulation populiste, le langage simpliste réductionniste, l'homophobie rampante, le littéralisme biblique et j'en passe...

  • Henri Bacher mercredi, 21 mai 2014 17:21

    Avant d’entrer en matière et donner mon point de vue, je souhaiterais encourager toutes ces personnes qui se sont impliquées dans ce grand projet. Vous n’avez rien fait de mal. De répréhensible. C’est même une belle idée que de vouloir transformer la société par la prière. Et une idée essentielle. Je viens de relire une petite biographie de Guillaume Farel, le réformateur du Canton de Vaud et de Genève. Il n’y allait pas avec le dos de la cuillère et il s’est retrouvé très souvent dans des difficultés monstres avec à la clé des agressions physiques. A Genève, nous nous sommes bien assagis et nous réglons nos comptes avec les pouvoirs dominants, à coup d’événements symboliques, très comme il faut. Mais vous verrez, que le problème actuel avec Lou Engel est bien ailleurs

    Je n’analyserai pas cette action sous l’angle du bien ou du mal, mais je me bornerai plutôt à relever le côté médiatique, marketing. Aujourd’hui, tout événement majeur, dans la société, mais aussi dans les églises, est orchestré par les médias et les techniques de marketing. Nous, chrétiens évangéliques, nous sommes des “naïfs” dans ces domaines et nous maîtrisons mal ces outils qui ont une place importante pour “vendre” une idée.

    La star
    On connaît la star dans le domaine musical, mais le politique, le marché et le religieux sont également soumis à la starification. On a connu Billy Graham ou aujourd’hui Joyce Meyer, et Lou Engel se profile comme une star. Pour ma part, je ne conteste nullement ce côté “star”. C’est une composante essentielle au fonctionnement de toute société. En son temps, le roi David était une sorte de star que les gens suivaient facilement. N’a-t-il pas mis en péril le roi Saül, parce qu’il est devenu une vrai star de la guerre? On suit plus facilement une star qu’un simple prédicateur.
    Une star a un vrai charisme. Pour la musique, c’est la maîtrise d’une voix, d’un instrument. Dans le domaine du religieux, ça peut être des idées originales, l’éloquence, la maîtrise de la scène ou un don spirituel particulier. Mais ce n’est pas tout. La plupart du temps, la star cultive, pour qu’on parle d’elle, un côté provocateur. En musique une Madonna, une Beyoncé choquent leur public, surtout sur scène, par une provocation d’ordre sexuel, par une vie tumultueuse. Lou Engel joue avec un instrument qui peut poser problème pour certain, c’est l’affiliation à la droite politique nord-américaine. Qui a sûrement une très forte influence aux Etats-Unis, mais qui, à Genève, n’a pas forcément bonne presse, surtout parce que la guerre d’Irak, entre autre, a été soutenue par cette même droite. Une guerre qui a vidé l’Irak de la majorité de ses chrétiens. Très bonne opération! Pour qui?



    L’événement médiatique
    Aujourd’hui pour construire une audience, il faut inviter une star. C’est une pratique dominante dans les meetings politiques, dans le sport, dans la culture et même dans le domaine religieux. Vous invitez Christoph Blocher à Genève, vous aurez de l’audience, mais aussi de la contestation. Vous invitez un obscur blochérien du canton de Schwyz, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles. Je crois que les chrétiens de Genève ont pensé utiliser le bon côté de la star et n’ont pas réfléchi à la contestation. Si les “callers” chrétiens du bout du lac, lancent un pavé dans la mare, il faut qu’ils assument. Je pense que Farel se moquerait d’eux, lui qui a fini à Aigle dans une fontaine.

    Le marketing
    Pourquoi avoir choisi Genève pour “caller”? Et pas Aigle? Parce que Lou Engel s’adresse aussi aux américains qui le financent. Et comme ces mêmes yankees n’ont aucune notion de géographie européenne, Genève est une ville symbolique qu’ils connaissent. Et on leur fait croire que Lou Engel s’attaque au centre qui pervertit le monde, alors qu’à l’évidence l’ONU n’a pas beaucoup de pouvoir. Pourquoi mettre en cause l’avortement et l’homosexualité, avant tout? C’est encore du marketing. Pas seulement, on est bien d’accord. Mais à Genève, il y a plus de chrétiens qui s’intéressent à cette problématique qu’à celle des banques genevoises qui ont perverti davantage le monde que les mouvements à la moralité douteuses. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas voulu dire. Combattre l’avortement et réfléchir aux problèmes que posent l’homosexualité est parfaitement honorable, mais je crois que ce serait plus crédible d’y inclure aussi les dérives financières.

    La solution?
    Pour la Suisse, je pense que nous avons un exemple de la bonne gestion d’une conviction qui touche au politique et à l’influence de l’église sur le monde extérieur. C’est l’expérience du pasteur Jean-Claude Chabloz pendant les sessions parlementaires au Palais fédéral. Publiquement, ainsi que dans les églises, on a présenté son action comme une prière pour les politiques de ce pays. Ce qui était le cas. Il aurait pu organiser ces temps de prières à partir d’une église bernoise. Pourquoi était-il au Palais Fédéral? C’est vrai qu’il est plus facile de côtoyer personnellement les gens pour lesquels on prie. En réalité, il faisait également du lobbying parlementaire, à l’instar d’autres groupes de pression. S’il avait présenté son action comme du lobbying, on serait tombé sur le dos des évangéliques. Chabloz, qui était mandaté par l’actuel Réseau Evangélique, a eu la géniale idée de rester dans sa communication, dans le domaine de la prière. The Call aurait pu rester dans la configuration de la prière, sans mentionner qu’ils allaient prier pour que les homosexuels rentrent dans le droit chemin.

    Moralité de l’histoire?
    Avant de vous lancer dans une action d’envergure, évaluez l’impact de vos outils de communication. Il ne s’agit pas d’exclure les “stars”, ni de négliger les techniques de marketing, ni de se passer d’un événement médiatique, mais lors de la conception il faut mesurer son impact sur les chrétiens et sur le grand public. Et décider jusqu’où on veut aller? Parfois, il faut taper dans le chou et d’autres fois, il vaut mieux faire les choses importantes, comme la prière, sous le manteau. Je crois que “The Call” aurait dû plutôt se faire sous le manteau, mais en même temps il faut admettre que la star dans ce cas est superflue et ce n’est pas très vendeur et peu propice pour créer un événement qui marque. C’est ça le dilemme. Et comme on est très influencé par le “monde” on rechigne à commencer petit.

  • Fred samedi, 24 mai 2014 14:00

    «Lou Engle n’a jamais appelé à la haine ou la violence contre les personnes homosexuelles et a au contraire clairement condamné de telles actions.» Le Réseau évangélique suisse (RES) vole au secours de Lou Engle. Dans un «appel à l’apaisement», cette fédération de 590 paroisses accuse les organisations LGBT locales de mener une campagne «calomnieuse» contre le prédicateur américain attendu le 31 mai dans la cité de Calvin pour «The Call»/«L’Appel», une journée de prière prévue à l’UpTown, l’ex-cinéma des Grottes.

    Le texte du RES assure que Lou Engle n’est pas si méchant. C’est juste que selon lui, «le mariage hétérosexuel est le meilleur modèle pour la société». D’ailleurs son «intention n’a jamais été de promouvoir des châtiments sévères pour les personnes concernées». Ah, l’art de l’euphémisme.

    L’Ouganda, un malentendu?
    Rappelons que le nom de Lou Engle a fait surface en Europe grâce aux travaux effectués sur le lien entre les missionnaires évangéliques américains et le durcissement des lois anti-gay en Afrique. «God Loves Uganda», un documentaire récent a mis en évidence que la famille spirituelle de Lou Engle faisait partie des soutiens à «Kill the gays», la proposition de loi qui préconisait la peine de mort pour «homosexualité aggravée» (relations avec un mineur, transmission du VIH). Le pasteur vedette du Kansas s’y est lui-même rendu au printemps 2010 pour une édition de son meeting «The Call».

    Justement, dans la revue évangélique suisse «Christianisme aujourd’hui», Lou Engle revient sur ce voyage controversé. Il affirme avoir répondu à une invitation et avoir tout fait sur place pour se dissocier de «Kill the gays». «J’ai prié les organisateurs de ne pas en faire une plateforme pour promouvoir le projet de loi. Ils ne m’ont pas écouté [...] j’assume la responsabilité de ce qui s’est fait, je ne peux pas faire autrement.» A l’en croire, tout le raffut médiatique sur sa présence en Ouganda n’est basé que sur un malentendu «qui lui colle toujours».

    Entre la corruption et la sorcellerie
    On s’en doute, il n’aurait pas été très malin pour le leader de «The Call» d’appeler à l’exécution des homosexuels devant un stade comble. Son prêche n’en était pas moins un appel à combattre l’homosexualité sous toutes ses formes, comme l’avait constaté un reporter du «New York Times» sur place. «La question LGBT avait été glissée entre la condamnation de la corruption et celle de la sorcellerie: des maux que les Ougandais ont été encouragés à exorciser». Engle avait aussi salué le courage et la droiture des promoteurs de «Kill the gays». L’un d’eux l’avait rejoint sur l’estrade.

    Prompt à se dédouaner des appels à la violence directe, Engle n’en est pas moins un partisan de la pénalisation de l’homosexualité. «Il devrait y avoir une sorte de limitation, des limitations légales et des punitions», a-t-il concédé au reporter du «Times», ajoutant que les parlementaires ougandais avaient raison «de protéger leur société». Ce type de discours, Engle l’a tenu aussi aux Etats-Unis. En 2008, lors de la campagne pour la Proposition 8, qui voulait interdire les mariages aux couples de même sexe, il avait dénoncé l’«esprit hors-la-loi» des homosexuels. Un leitmotiv.

    «Pas de place pour la démocratie et le pluralisme»
    Le Southern Poverty Law Center (SPLC), une ONG qui observe les mouvements antiminorités aux Etats-Unis, note qu’Engle a créé «The Call» dans le giron de Joel’s Army, un mouvement aux tonalités martiales qui «croit que l’Amérique, et le reste du monde avec elle, devrait être gouvernée selon une interprétation littérale de la loi biblique. Pas de place pour la démocratie et le pluralisme.» Engle œuvre également dans le cadre de l’International House of Prayer, un étonnant mouvement charismatique destiné aux jeunes des scènes metal, punk et gothiques, qu’il alimente en discours mystico-guerrier: «Le Royaume des cieux subit la violence et les violents le prennent par la force. Une telle force demande une réponse égale, et Jésus va livrer une guerre contre tout ce qui empêche l’Amour, et ses yeux cracheront le feu.» Lou Engle a aussi été filmé (dans le documentaire glaçant «Jesus Camp», en 2006) prêchant à «Kids on fire», un camp biblique du Dakota du Nord, où des gamins sont incités à se prendre pour la main armée du Christ.

    Charmant et humble
    Un coup d’œil sur YouTube suffit d’ailleurs pour se convaincre de la limite très fine entre prière militante et incitation à l’action violente, dans le discours de Lou Engle. Comme ces prêches fébriles où il invite des fidèles en transe à forcer les portes de la Cour suprême fédérale – en prière, bien sûr. «Engle est un homme charmant et humble, dont la personnalité est difficile à concilier avec sa croyance dans la levée d’une armée de jeunes guerriers chrétiens invincibles. Alors qu’il se garde bien de déployer la rhétorique de Joel’s Army lors d’événements publics comme «The Call», il est capable de tenir des discours sanguinaires dès qu’il se trouve dans les cercles de fidèles hypercharismatiques de Joel’s Army», conclut le SPLC.

    Manifestement, la guérilla spirituelle de Lou Engle contre la société démocratique et ses institutions ne perturbe nullement les évangéliques suisses – sans parler de sa perception des homosexuels comme appartenant aux forces du mal. Au journaliste de «Christianisme Aujourd’hui» qui lui demande comment investir la prière pour s’opposer aux unions entre personnes de même sexe et à l’IVG, le pasteur du Kansas répond d’ailleurs à la première personne du pluriel: «Notre problème, confie-t-il, c’est que nous laissons la société nous dicter quelles sont les causes à défendre et non la Parole de Dieu. Les chrétiens sont les bienvenus pour s’opposer à l’esclavage sexuel, mais sur les questions de l’avortement et de l’homosexualité, nous plions face au politiquement correct.»

    Finalement, plaide Engle dans la même interview, «je n’ai fait que montrer de la compassion pour ceux qui luttent avec une attirance pour une personne de même sexe.» Il y a deux ans, il avait montré une des formes que prend sa «compassion». Il avait enjoint ses jeunes guerriers de la prière à «arrêter la tornade homosexuelle avant qu’elle détruise l’Amérique» – c’était juste après une vague d’intempéries qui avaient fait 6 morts dans l’Oklahoma – et avait prophétisé que bientôt, 100’000 gays et lesbiennes guéris et convertis apporteraient «le Salut radical et la guérison du sida».

  • Fred samedi, 24 mai 2014 14:50

    As many of the pre-Reagan era Religious Right leaders retire and/or die off, beware of the new breed. Lou Engle is one of the new breed…the New Apostolic Reformation (NAR), the charismatic evangelical political and religious movement that he has come to personify, has made such a splash that it threatens to drown out the more traditional voices of the Christian Right.…Rachel Tabachnick wrote in a long essay titled “The Christian Right, Reborn: The New Apostolic Reformation Goes to War,” in the Spring 2013 issue of Political Research Associates’ The Public Eye… “Engle has staged more than 20 similar rallies, and each has attracted tens of thousands of participants to stadiums across the United States. He and his organization have also become deeply involved in U.S. politics, especially in anti choice and antigay organizing,” …What the movement is really after is “to unify evangelical and all Protestant Christianity into a postdenominational structure, bringing about a reformation in the way that churches relate to one other, and in individual churches’ internal governance.” Engle calls for massive “spiritual warfare” that will result in a complete worldwide “political and social transformation”: “The revolution begins, they believe, with the casting out of demons, Tabachnick states…Demonic activity has caused the downfall of society, both at home and abroad. “The sources of demonic activity can include homosexuality, abortion, non-Christian religions, and even sins from the past.” …To achieve its goals, the NAR aims to have its apostles seize control over every important aspect of society, including, the government, military, entertainment industry and education.” If the NAR falls short of world denomination, it intends, as a minimum, to “turn America back to God.”…

  • Henri Bacher lundi, 26 mai 2014 13:29

    Dans toute analyse d'une situation qu'elle soit religieuse, politique ou socio-culturelle, il faut se méfier de ne prendre comme source que des écrits ou maintenant des clips vidéos.
    Toute communication est susceptibe d'être biaisée, manipulée, instrumentalisée. Aujourd'hui encore plus que hier. Car faire sortir les côtés négatifs d'une action est le nerf de guerre des médias.
    Les lecteurs ou les vidéastes sont friands de controverses et nous les chrétiens nous tombons également dans ce panneau.
    Je trouve qu'il est très dangereux de se faire une opinion à partir de ce qui est écrit. Est-ce que M. Fred a pris le temps de rencontrer Lou Engel personnellement
    pour se faire une opinion? Je n'ai pas l'impression. Il déduit à partir de ses lectures que le mouvement de Engel est un mouvement guerrier. Il faudrait expurger dans nos cantiques tous les termes militaires qui se mettent en chants éminemment spirituels. Le fameux chant de Luther "C'est un rempart que notre Dieu" a été composé lorsque les armées de l'empire ottoman étaient aux portes de Vienne en Autriche. Sus à Luther de s'être immiscé en politique! Ce n'est pas aussi simple que ça!

    Pour caricaturer l'approche de M. Fred, je prendrai comme exemple le roi David dans la Bible. Pour démontrer que David n'était qu'un perturbateur, j'écrirais le texte suivant:

    David au départ, n'était qu'un chef de bande qui s'est opposé à Saül, le roi choisi par Dieu. Il avait un charisme rassembleur et il est devenu une vraie star de la guerre. Et j'en passe sur ses frasques avec les femmes. C'était un tordu.

    Je pourrais continuer dans cette veine et ce que j'ai écrit sur le roi David est tout à fait vrai, comme ce que M. Fred reprend de ce qu'il lit dans les articles. Mais malheureusement nous ne sommes pas Dieu et nous ne pouvons pas comprendre l'ensemble de la problématique.

    Voici quelques clés pour essayer de juger une situation:

    1. Si une personne ici en Europe ou au USA n'a pas été condamnée par la justice de l'état où il vit, c'est un indice important pour ne pas, d'emblée, le condamner pour ses opinions ou ses prises de position.
    Ce qui ne veut pas dire qu'il faut que je sois d'accord et que je n'aie pas le droit de le critiquer.
    2. Ne pas se fier d'emblée à ce que disent des journalistes ou des écrivains sur un sujet. Pour se faire une opinion, il faut aussi croiser ses sources, ce que ne fait manifestement pas M. Fred. Il ne prend, apparemment, que les sources qui renforcent son opinion de base. Par exemple, qu'il descende en flamme les charismatiques avec un grand C, me met déjà mal à l'aise. Sait-il, qu'il y a peut-être des charismatiques dans sa propre église, qu'il ignore, simplement parce que tous les charismatiques de nos églises ne sont pas forcément des chrétiens qui utilisent le langage verbal et corporel officiel de certains charismatiques?
    3. Laisser à un mouvement la chance de démontrer sa pertinence sur le moyen terme. Toute nouvelle initiative, qu'elle soit religieuse, artistique, politique ou autre est toujours reçue avec méfiance. Il n'y a qu'à voir comment les peintres impressionistes ont été perçus par leurs contemporains.
    4. A l'heure ou le Front National en France ou dans d'autres pays monte en puissance, lors des élections européennes, il faudrait peut-être se poser les vraies questions qui taraudent les gens. Est-ce que tous ces mouvements chrétiens qui nous semblent d'extrême droite, ne cherchent pas des solutions aux questions de beaucoup de personnes? Ils le font peut-être et sûrement d'une manière maladroite. Ils sont peut-être manipulés, mais je pense que ces chrétiens ne doivent pas forcément être méprisés. Rassurez-vous, aux dernières élections européennes, je n'ai pas voté Front National et je suis préoccupé par la montée de l'antisémitisme.
    5. Les situations sont de plus en plus complexes et nous sommes surinformés et la surinformation nous conduit facilement au chaos. En réalité M. Fred, réagit comme ses opposants. Il veut mettre de l'ordre. Lui dans ses prises de position radicales vis-à-vis de ces mouvements chrétiens d'extrême droite et les autres vis-à-vis de la "chienlit" chère au général De Gaulle.
    6. Accepter la différence et la complémentarité un peu à l'image de la Bible elle-même. Elle est composée de 66 livres dont certains passages ses contredisent. L'Ancien Testament est rempli de citations guerrières que le Christ ne reprend pas. Et pourtant, il faut lire la Bible dans son ensemble sans privilégier l'un des aspects par rapport à l'autre, mais sans mettre tout au même niveau.

Opinion - avertissement

Les signataires de ces textes sont soit des membres de l’équipe de rédaction de lafree.ch soit des personnes invitées.
Chacun s’exprime à titre personnel et n’engage pas la FREE.

Publicité

Twitter - Actu évangélique

Journal Vivre

Opinion

Opinion

Agenda

Événements suivants

TheoTV (mercredi 20h)

20 janvier

  • «La terre, mon amie» avec Roger Zürcher (Ciel! Mon info)
  • «Repenser la politique» avec Nicolas Suter (One’Talk)

27 janvier

  • «La méditation contemplative» avec Jane Maire
  • «Vivre en solobataire» avec Sylvette Huguenin (One’Talk)

TheoTV en direct

myfreelife.ch

  • Sélina Imhoff : « Prends soin de ta vie et marche ! »

    Lun 25 janvier 2021

    Dimanche 24 janvier, la pasteure Sélina Imhoff a apporté la prédication du culte radiodiffusé sur RTS Espace 2 depuis l’église évangélique FREE de Meyrin. A partir des textes de Marc 5 : 22-43, elle a voulu communiquer qu’à l’heure où la pandémie isole les plus vulnérables, « il n’est jamais trop tard pour que la vie de chacun prenne un sens nouveau ». Voici le texte de sa prédication :

  • Karin et Eric Stauffer : à plein temps au service des couples en difficulté

    Ven 15 janvier 2021

    Loin de songer à la retraite, Karin et Eric Stauffer quittent leur ministère pastoral dans l’Eglise évangélique des Uttins (FREE), à Yverdon-les-Bains, et se lancent à plein temps dans « Couple à cœur », un ministère d’accompagnement de couples chrétiens en difficulté.

  • Deux cultes radiodiffusés depuis l’Eglise FREE de Meyrin : « Une joie ! »

    Jeu 14 janvier 2021

    Les dimanches 24 et 31 janvier, les pasteurs Sélina Imhoff et Philippe Henchoz présideront « avec joie » les cultes qui seront radiodiffusés sur RTS Espace 2 depuis l’Eglise évangélique FREE de Meyrin (GE). Les thématiques de leur prédication s’inscrivent dans une veine d’encouragement en ce temps de pandémie.

  • Le Christ s’est arrêté au Mormont

    Ven 18 décembre 2020

    La première « zone à défendre » (ZAD) de Suisse occupe la colline du Mormont, sur les communes vaudoises de La Sarraz et d’Eclépens, pour empêcher l’entreprise de ciment Holcim de s’étendre. Luc Badoux, pasteur du lieu, est allé à la rencontre des militants comme aussi la diacre Lyne Gasser. Un Noël chrétien au Mormont ? Reportage diffusé le 20 décembre 2020 sur RTS La Première.

eglisesfree.ch

eglise-numerique.org

point-theo.com

Suivez-nous sur les réseaux sociaux !