Une Charte précise les principes d'action de plusieurs œuvres évangéliques parmi les jeunes

jeudi 07 juillet 2016

Plusieurs œuvres chrétiennes au service de la jeunesse ont signé la nouvelle Charte pour le service parmi les enfants et les jeunes (CCEJ). Accusées d'organiser des activités dans le seul but d'évangéliser, elles entendent ainsi préciser leurs objectifs et leurs principes d’action.

« La fin des subventions de l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS) aux œuvres chrétiennes en faveur la jeunesse nous a fait prendre conscience que nous devions mieux communiquer, explique Michael Mutzner, le secrétaire général adjoint du Réseau évangélique suisse (RES). En particulier, que nous devions améliorer notre communication envers les personnes hors milieux chrétiens. »

Le résultat, c'est la Charte pour le service parmi les enfants et les jeunes (CCEJ) qui a été signée le 19 mai dernier à Berne par une douzaine d'organisations chrétiennes. Le texte, rédigé en allemand et en français, présente les objectifs, les méthodes et les principes de ces organisations. Il clarifie en particulier le rapport entre « activités jeunesse » et « évangélisation ».

Un moyen d'auto-évaluation

« En plus d'un travail de communication, cette Charte est un excellent outil d'auto-évaluation, précise Michael Mutzner. Avec la publication de ce document, notre but n'est pas tellement de recevoir à nouveau des subsides de l'OFAS, mais plutôt de progresser dans notre manière de travailler. » Supervisée par l’Alliance évangélique suisse, dont le RES est la composante francophone, la rédaction du texte a été accompagnée de consultations auprès de plusieurs experts, en particulier des juristes, des journalistes et des politiciens.

La CCEJ rappelle d'abord le genre de relations qui unissent les œuvres signataires avec notre société : « Nos organisations sont attachées au principe du respect de l’Etat de droit et d’une société pluraliste. » La Charte reconnaît donc la primauté de la loi sur les autres principes et coutumes, ainsi que l'existence d'une diversité de religions en Suisse. « Nous ne faisons pas comme si tout le monde était chrétien », relève Michaël Mutzner. « Mais nous demandons aussi à être respectés sans discriminations, car nous faisons partie de cette pluralité », renchérit Patrick Gasser, directeur du Grain de blé Suisse.

Respecter la liberté de conscience

Le respect des convictions des enfants et des familles est clairement affirmé : « Nous respectons la liberté de conscience, de religion et d’expression des enfants et des jeunes dans toutes nos activités ». Cela signifie que l'annonce de l'Evangile doit être exempte de pressions morales, de pressions de groupe et de manipulations.

Dans de telles conditions, un appel à la conversion est-il encore acceptable ? « Oui, mais à condition qu'il laisse à l'enfant sa liberté », explique Michaël Mutzner. Patrick Gasser nuance : « Du côté du Grain de blé, nous n'avons pas attendu la Charte pour nous distancer de la pratique des appels. Nous devons agir avec délicatesse. Par exemple, bien accueillir les enfants de familles musulmanes dans nos camps ne consiste pas seulement à leur épargner le porc, mais surtout à ne pas les mettre en porte-à-faux avec leur famille. » 

Dans une société mal à l'aise par rapport au religieux, la Charte insiste sur l'importance de reconnaître la composante spirituelle de l'être humain : « Nous sommes convaincues que le fait de thématiser les questions concernant la foi et le sens de la vie répond à un besoin fondamental des enfants et des jeunes. »

Une approche globale de la personne

« Nous avons compris que notre mission ne se limite pas à la dimensions spirituelle, relève Michaël Mutzner. Les camps ne sont pas des prétextes pour convertir les enfants. Mais proposer une réponse est une valeur ajoutée des camps chrétiens. » Derrière cette pratique se trouve l'idée que les convictions – y compris religieuses – ne se construisent par à partir du néant, mais à partir d'opinions adoptées ou rejetées.

Le respect et la protection de la nature font l'objet d'un paragraphe. Cela n'a rien d'un effet de mode, mais correspond à une vieille tradition des organisations chrétiennes en faveur des jeunes. En effet, nombre d'entre-elles proposent des activités proches du scoutisme, surtout en Suisse allemande.

Garantir l'application de la Charte

Afin de garantir une réelle crédibilité à cette Charte, les organisations qui désirent y adhérer devront la signer chaque année et s'engager à la mettre en œuvre dans l'ensemble de leurs activités. Ainsi, en mai dernier, la Ligue pour la lecture de la Bible a présenté la CCEJ aux personnes qui dirigent des camps cet été.

Le Réseau jeunesse de l'Alliance évangélique de Suisse allemande a reçu le mandat de recueillir les engagements signés et, éventuellement, de proposer l'exclusion d'organisations qui ne respecteraient pas la Charte après l'avoir signée. « Mais il n'y aura pas de vérifications systématiques, relève Michael Mutzner. Nous prendrons des mesures si nous apprenons qu'une organisation ne respecte pas ses engagements. »

Un sondage commandé par le Réseau évangélique suisse au début de l’année montre l’importance que la population suisse accorde aux camps chrétiens. En effet, 45 % des parents interrogés, lorsqu'ils ont déjà envoyé leurs enfants dans des camps, affirment opter pour des camps chrétiens si l’occasion se présente. La Charte devrait renforcer cette confiance.

Claude-Alain Baehler

La Charte pour le service parmi les enfants et les jeunes.

  • Encadré 1:
    Commentaire

    Finalement, rien de très nouveau!

    Notre société a changé, la manière de conduire des camps d'enfants également. Ainsi, les engagements mentionnés dans la Charte pour le service parmi les enfants et les jeunes (CCEJ) n'ont rien de révolutionnaires. Ils entérinent plutôt des pratiques déjà très largement en vigueur dans les œuvres évangéliques en faveur des enfants et des jeunes.

    La nécessité de respecter les convictions des enfants a fait l'objet d'une réflexion sérieuse au cours de ces dernières décennies. Il en est de même de tout ce qui concerne l'approche globale de la personne. (CAB)

Publicité

Twitter - Actu évangélique

Journal Vivre

Opinion

Opinion

TheoTV (mercredi 20h)

20 janvier

  • «La terre, mon amie» avec Roger Zürcher (Ciel! Mon info)
  • «Repenser la politique» avec Nicolas Suter (One’Talk)

27 janvier

  • «La méditation contemplative» avec Jane Maire
  • «Vivre en solobataire» avec Sylvette Huguenin (One’Talk)

TheoTV en direct

myfreelife.ch

  • « J’ai été un bébé volé du Sri Lanka »

    Ven 03 novembre 2023

    Il y a quelques années, un trafic d’enfants proposés à l’adoption à des couples suisses secouait l’actualité. Sélina Imhoff, 38 ans, pasteure dans l’Eglise évangélique (FREE) de Meyrin, en a été victime. Elle témoigne avoir appris à accepter et à avancer, avec ses fissures, par la foi. Et se sentir proche du Christ né, comme elle, dans des conditions indignes. [Cet article a d'abord été publié dans Vivre (www.vivre.ch), le journal de la Fédération romande d'Eglises évangéliques.]

  • Des choix porteurs de vie

    Ven 22 septembre 2023

    Abandonner la voiture et emménager dans une coopérative d’habitation ?... Deux couples de l’Eglise évangélique (FREE) de Meyrin ont fait ces choix qu’ils estiment porteurs de vie. « Le rythme plus lent du vélo a vraiment du sens pour moi », témoigne Thiéry Terraz, qui travaille pour l’antenne genevoise de Jeunesse en mission. « Je trouve dans le partage avec mes voisins ce que je veux vivre dans ma foi », lui fait écho Lorraine Félix, enseignante. Rencontres croisées. [Cet article a d'abord été publié dans Vivre (www.vivre.ch), le journal de la Fédération romande d'Eglises évangéliques.]

  • Vivian, une flamme d’espoir à Arusha

    Jeu 15 juin 2023

    Vivian symbolise l’espoir pour tous ceux que la vie malmène. Aujourd’hui, cette trentenaire tanzanienne collabore comme assistante de direction au siège de Compassion à Arusha, en Tanzanie. Mais son parcours de vie avait bien mal débuté… Nous avons rencontré Vivian au bureau suisse de l’ONG à Yverdon, lors de sa visite en mars dernier. Témoignage.

  • Une expérience tchadienne « qui ouvre les yeux »

    Ven 20 janvier 2023

    Elle a 19 ans, étudie la psychologie à l’Université de Lausanne, et vient de faire un mois de bénévolat auprès de jeunes de la rue à N’Djaména. Tamara Furter, de l’Eglise évangélique La Chapelle (FREE) au Brassus, a découvert que l’on peut être fort et joyeux dans la précarité.

eglisesfree.ch

  • Un·e responsable des finances (10%)

    Lun 29 janvier 2024

    Plus grande fédération d’Eglises évangéliques en Suisse romande, la FREE offre un cadre de travail dynamique et défiant, en lien étroit avec les autres acteurs du milieu chrétien évangélique romand, suisse et international. Dans ce cadre, la FREE recherche un·e responsable des finances.

  • Rencontre générale : une fédération utile

    Mer 29 novembre 2023

    La Rencontre générale du 25 novembre 2023 a permis de remercier Stéphane Bossel pour 23 ans d’engagements divers et importants dans la FREE. Elle a aussi permis à l’équipe de direction de partager quelques priorités, notamment le sens, les valeurs et la plus-value que la FREE peut offrir aux Eglises.

  • Rencontre générale de la FREE : l’équipe de direction souffle sa première bougie

    Sam 08 avril 2023

    La Rencontre générale de la FREE, qui a eu lieu le 1er avril 2023 à Aigle, a permis à la nouvelle équipe de direction de dresser un bilan, après tout juste une année de fonctionnement. Et ce qui saute aux yeux, c’est le grand nombre des défis à relever.

  • FREE : une première « Journée stratégique »

    Ven 03 février 2023

    Les personnes qui exercent un rôle dans la FREE se sont réunies en janvier pour réfléchir à la mise en œuvre de la nouvelle « gouvernance à autorité distribuée » (1). Retour sur une « Journée stratégique » conviviale et studieuse.

eglise-numerique.org

point-theo.com

Suivez-nous sur les réseaux sociaux !