« Jésus est l’ami des homosexuels… comme il est mon ami ! » par Serge Carrel

vendredi 21 août 2015 icon-comments 7

Associer pratique de l’homosexualité à péché, c’est un propos que défend l’éthique chrétienne évangélique. Exprimer une telle conviction en citant la Bible, sera-ce bientôt passible de tribunaux ? Chemin pour qu’il n’en soit pas ainsi.

Le débat autour de l’homosexualité fait rage. Dans les Eglises réformées autour de la bénédiction pour couples partenariés, mais aussi dans la société avec la réactivité de plus en plus marquée des associations LGBT. Derniers signes de cette militance en Suisse : elles traînent en justice l’évêque de Coire, Mgr Vitus Huonder, pour avoir cité un texte du Lévitique qui sanctionne la pratique homosexuelle de la peine de mort.

Bientôt le même sort que l’évêque ?

En tant qu’évangéliques connaîtrons-nous bientôt le même sort en publiant ce que nous pensons, en conscience, de l’homosexualité ? Par exemple en mettant en libre accès sur le web le Dossier Vivre de Jean-Jacques Meylan L’amour mal aimé (1) ou en publiant la toute nouvelle « somme éthique » : Vivre en chrétien aujourd’hui (2). Un document qui affirme clairement, sous la plume du professeur Henri Blocher : « Malgré les multiples tentatives pour faire dire autre chose aux textes, une lecture sobre et s’efforçant d’être impartiale ne peut mettre en doute la désapprobation de l’Ecriture » par rapport à l’homosexualité (3).

Respect et interprétation soignée

Dans ce contexte d’extraordinaire militance de certains membres de la communauté homosexuelle, il est important de rappeler quelques fondamentaux :

- Tout d’abord, l’homosexualité touche à l’intime. On parle de pratiques considérées par certaines personnes comme constitutives de leur identité. Tout propos sur le sujet doit être marqué d’un profond respect.

- Toute reprise d’un texte du Lévitique doit passer par une mise en contexte soigneuse. Au minimum pour rappeler que dans Lévitique 20 il n’y a pas que les actes homosexuels qui sont sanctionnés de la peine de mort. Il y a aussi le fait de maudire père et mère, les relations adultères, une relation sexuelle avec la femme de son père, avec sa belle fille, le fait d’invoquer les esprits… Cette liste montre que le donné biblique n’opère pas une fixation sur la pratique homosexuelle. Il l’inscrit dans une série d’actions que le Dieu de la Bible réprouve…

- Au travers de ses rencontres, Jésus, l’interprète de la loi de Dieu pour les chrétiens, revisite ces textes du Lévitique et propose une démarche de pardon à la femme prise en flagrant délit d’adultère. A des religieux qui s’apprêtent à lui faire subir le sort prescrit, il demande de faire silence en eux-mêmes, de prendre conscience des manquements qui marquent l’existence de tout être humain… Et si aucun manquement ne traverse l’esprit de ces religieux, de lancer la première pierre ! On connaît la suite… Nous autres chrétiens, nous ne pouvons pas interpréter le Lévitique sans passer par la personne du Christ et son accueil inconditionnel du pécheur… mais aussi par son invitation ferme : « Va et ne pèche plus ! » (Jean 8.11).

Jésus, notre ami !

Dans le débat autour de l’homosexualité aujourd’hui, les évangéliques devraient davantage être connus pour leur amour inconditionnel des personnes à tendance homosexuelle que pour leurs propos stigmatisants. A partir de là, ils auront peut-être voix au chapitre pour témoigner de ce que sont leurs convictions par rapport au plan de Dieu pour une vie à deux épanouie. Tout comme Jésus s’est révélé l’ami de la femme adultère, il est l’ami de la personne à tendance homosexuelle. Il est aussi mon ami, parce que le péché entrave ma vie, tout comme celle de tout être humain !

Serge Carrel, pasteur et journaliste

Notes

1 Jean-Jacques Meylan et Andrea Ostertag, L’amour mal aimé, Réflexions bibliques et témoignages, Dossier Vivre 24, 20112, 104 p. En téléchargement gratuit ici.

2 Alain Nisus (dir.), Vivre en chrétien aujourd’hui. Repères éthiques pour tous, Romanel-sur-Lausanne, Maison de la Bible, 2015, 800 p.

3 Ibidem, p. 414.

Serge Carrel

Serge Carrel est au bénéfice d’une formation double: théologique et journalistique. Après dix ans de pastorat en France et en Suisse romande, il a travaillé huit ans comme journaliste aux émissions religieuses de la RTS. Aujourd’hui formateur d’adultes et journaliste en lien avec la Fédération romande d’Eglises évangéliques (FREE), il essaie de tirer le meilleur parti de ce double ancrage. Que ce soit dans le cadre du FREE COLLEGE, de lafree.ch, de Vivre ou de la fenêtre chrétienne de MaxTV.

Formation reçue

Master en théologie (UNIL, 1986)
Centre romand de formation des journalistes (RP, 1996)

7 réactions

  • Pierre Mathez vendredi, 21 août 2015 19:33

    Je ne pense pas que Jésus ait été "ami" avec la femme adultère ni avec un homosexuel.
    Par contre il les aimait, sans adhérer à leurs faiblesses.

    C'est deux choses bien distinctes. L'amour inconditionnel du Seigneur pour les autres, qui deviennent ses réels "amis" lorsqu'ils changent de comportement.

  • Hélène Alemusuey vendredi, 21 août 2015 23:31

    Nous sommes la lumière du monde, nous qui avons une vraie relation avec Jésus Christ. La lumière ne peut cohabiter avec les ténèbres. Romains 1 : 18 -32 cite l'homosexualité sur la liste ce de qui est abominable devant Dieu. Au verset 32 la Bible condamne "ceux qui commettent de telles choses, non seulement ils le font mais encore ils approuvent ceux qui les font"
    Ne nous laissons pas entrainer par le monde...
    Si un homosexuel se repente, et vient à Christ, c'est sûr qu'il sera pardonné et accepté dans le corps du Christ. Celui qui demeure dans son péché reste dans le ténèbres.
    Nous pouvons prier pour lui, lui présenter la vérité dans la parole de Dieu, l'accueillir quand il a besoin de l'aide, avoir compassion de lui, mais devenir son ami c'est contre beaucoup de texte dans la Bible.
    Jésus n'a pas approuvé l'adultère, mais il a eu compassion de la femme adultère et l'a sauvé par sa grâce. "va et ne pèche plus" signifie que quand on a rencontré Jésus dans son amour et miséricorde, on ne peut plus continuer à vivre dans le péché. le péché pour un enfant de Dieu c'est comme un accident, on le regrette, on se repent et on revient à Christ. Dieu aime le pécheur pour le sauver, mais Dieu déteste le péché car Il est Saint. Jésus va vers le pécheur pour le sauver mais pas pour rester avec lui dans le péché.

  • Knuchel Olivia dimanche, 23 août 2015 21:40

    En voyant que vous avez mis en libre accès sur le web le dossier vivre " l'amour mal aimé " je me pose la question si les deux auteurs de ce document sont d'accord de ce fait?

  • Marie-Claude Pellerin dimanche, 23 août 2015 22:37

    Merci beaucoup, Serge, d'avoir rappelé d'autres actes que l'homosexualité qui, selon Lévitique, sont sanctionnés de la peine de mort.

    Dans le livre "L'Amour mal aimé", Jacques Meylan cite également ICor. 6:9-10, dressant toute une liste de ceux qui, selon Paul, n'hériteront pas le royaume de Dieu. Outre les homosexuels sont aussi cités : les idolâtres, les voleurs, les cupides, les ivrognes, les outrageux, les ravisseurs...

    Pour ma part, je suis si heureuse que cet "Amour mal aimé" puisse être lu gratuitement en cliquant sur le lien proposé au bas de cet article. Et, plutôt que de copier-coller des passages qui m'ont interpellée, j'invite chacune et chacun de lire les pages 25 à 27 : "Mise en perspective" (J.J. Meylan) et les pages 139-140 : "Jésus l'ami des homosexuels" (Andrea Ostertag) qui, chaque fois que je les relis me bouleversent au plus profond de mon coeur !

    ... et puis, pourquoi pas ne pas lire ce livre en entier ? Peut-être nous donnera-t-il l'occasion de mieux nous approcher, à pas d'amour, de ceux qui, malmenés par leurs vulnérabilités, ne demandent en tout 1er lieu que... notre saine amitié !
    Et qui dit amitié dit aussi fidélité ! Fidélité à un ami qui se bat et qui lutte et auquel Jésus me demande, lorsqu'il dérape, de pardonner... 77 fois 7 fois.
    C'est sans doute cette humble et persévérante patience inconditionnelle qui aidera mon ami homosexuel, ou idolâtre, ou cupide, ou ivrogne, ou outrageux, ou ravisseur... c'est sans doute cette humble patience doublée d'espérance qui lui donnera cet élan de s'extirper de la lourde boue dans laquelle il se débat.

    Personnellement, je dis MERCI à Jésus, MERCI à mes amis et MERCI à Dieu, mon Père, d'avoir eu et d'avoir encore avec moi cette infinie patience doublée d'une espérance qui me remet debout chaque fois que je dérape !

  • CROCER lundi, 31 août 2015 13:18

    Bonjour, merci pour cet article qui recentre bien le débat et précise surtout la position des évangéliques qui se veut être celle de Christ.
    Vous savez tout de même que même si nous nous efforçons d'être connus pour notre amour inconditionnel des personnes à tendance homosexuelle que pour nos propos stigmatisants, les lobbys LGBT considère toute désapprobation comme une stigmatisation.
    Cordialement,

  • Jane Maire jeudi, 17 septembre 2015 12:41

    Merci beaucoup, Serge, d'oser défricher ce chemin. Voir mon blog pour mon propre chemin autour de la question: Au risque de me faire descendre. Dans la boîte "rechercher", taper ACCUEIL, et vous trouverez 7 postes sur ce sujet.
    Aussi, j'aimerais beaucoup voir traduire en français: Walking with gay friends, d'Alex Tylee, elle-même lesbienne et chrétienne. Un livre non seulement personnel & informatif, mais aussi accompagné d'une réflexion théologique.

  • Jane Maire jeudi, 17 septembre 2015 12:42

    Oops, j'ai oublié de donner le lien vers mon blog! Le voici... http://janeslogbook.blogspot.ch/

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