«Qui sommes-nous? Notre identité est-elle en notre pouvoir?» par Christian Bibollet

Christian Bibollet vendredi 01 février 2019

L’identité humaine, l’identité de l’homme et de la femme, est au cœur de nombre de débats de société aujourd’hui. Le théologien Christian Bibollet propose un regard chrétien sur cette question qui touche aux questions que soulèvent le « mariage pour tous », la « théorie genre » et l’« antispécisme ». Un choc des visions du monde stimulant !

Parmi les questions qui se posent à nous, il y en a de très pratiques et d’autres qui touchent au monde des idées. Sans que nous en soyons toujours conscients, nous prenons chaque jour des décisions personnelles ou collectives qui s’appuient sur des convictions nées de nos croyances fondamentales. Et comme une multitude de personnes vivent autour de nous, il arrive fréquemment que nos convictions soient remises en question. La nature de notre identité personnelle est aujourd’hui une de ces questions controversées.

Qui sommes-nous ? Est-il possible de clairement définir notre identité ? La difficulté de la question est réelle. Mais y réfléchir est absolument vital pour au moins deux raisons. D’abord, parce que les avis divergent sur ce qui la constitue. Ensuite, parce que le danger d’embrasser une conception mortifère est très présent.

1. Que dit-on aujourd’hui de l’identité de l’être humain dans nos sociétés occidentales ?

Pour une majorité de gens qui s’en tiennent à une compréhension traditionnelle et naturelle, l’identité humaine repose sur la conscience d’être homme ou femme (de reconnaître de vraies différences entre les deux), d’occuper un rang particulier dans le monde (nous avons des caractéristiques distinctes des végétaux et des animaux) et d’avoir l’aptitude à manifester son humanité en pensant, en parlant, en créant ce qui n’existe pas dans la nature.

Mais cette conception naturelle de l’homme est de plus en plus attaquée par une minorité d’individus qui y voient beaucoup de contraintes inacceptables. A leur programme, il y a donc quelques-unes des « questions sociétales » qui ont fait ou font encore la « une » de nos médias : mariage pour tous, théorie du genre et, plus récemment, antispécisme.

Que nous disent les représentants de chacune de ces causes ? Les partisans du « mariage pour tous » nous demandent avec un brin de condescendance : « Où est le problème avec le mariage pour les personnes de même sexe, puisqu’elles s’aiment et veulent se promettre fidélité ? Vous ne pouvez quand même pas être contre des gens qui s’aiment ! »

Les tenants de la « théorie du genre », eux, insistent : « Où est le problème avec le fait que certaines femmes sont convaincues d’être des hommes et certains hommes des femmes ? Où est le problème quand on sait que la conscience de genre est une construction sociale ? Vous ne pouvez quand même pas être contre des personnes qui aspirent simplement à vivre en paix avec elles-mêmes et à s’épanouir ! »

Quant aux promoteurs de l’« antispécisme, » ils s’exaspèrent : « Où est le problème à vouloir donner aux animaux des droits semblables aux nôtres, puisque, comme nous, ils sont sensibles au stress et aux souffrances que l’homme leur inflige ? Et d’ailleurs, où est le problème à enfin reconnaître que rien ne distingue fondamentalement l’espèce humaine de l’espèce animale ? Vous n’allez quand même pas avoir l’arrogance de vous prétendre supérieurs aux animaux ! »

Pour convaincre la majorité de l’opinion qui ne partage pas leurs vues, les militants de ces trois causes font assauts de bons sentiments. A force de pressions et de répétitions, ils ont fini par rallier une bonne partie du monde universitaire et des médias qui se font les relais de leurs idéologies. Le camp des sceptiques tend donc à se réduire et devient la cible de leur arme fatale : l’argument de la cruauté et de la haine : « Vous n’avez aucune empathie pour des êtres qui souffrent et ne demandent qu’à jouir des mêmes privilèges que vous ! C’est la haine qui vous fait vous dresser contre des gens qui osent penser et vivre autrement que vous ! »

Mais pourquoi, face à ce que ces militants embrassent comme un combat pour la vie, est-il difficile de ne pas éprouver un profond malaise ? Qu’est-ce qui cloche dans leur idéologie ? Car c’est de cela qu’il s’agit : leurs bons sentiments cachent en réalité une idéologie qu’il faut prendre le temps d’examiner pour en comprendre l’origine et le but.

Ces trois idéologies ont une caractéristique commune : elles partent toutes de l’idée que l’être humain est absolument autonome ; il ne doit rien à personne et il n’a à répondre de ses choix qu’à lui-même. Pour le dire autrement, ces gens refusent l’idée que l’être humain puisse avoir un Créateur et ils refusent, très logiquement, l’idée que ce Créateur ait donné des « lois pour la vie ». Ils vont plus loin en insistant sur le fait qu’il n’y a pas même de traditions desquelles apprendre quelque chose, parce que ce que nos parents et ancêtres ont choisi pour leur vie n’était valable que pour eux.

En général, ces militants parlent avec beaucoup de passion, parce qu’ils se voient en pionniers et en sauveurs d’une humanité enchaînée à des traditions et commandements d’un autre âge. Par leur activisme, ils comptent bien nous libérer de leur pouvoir aliénant pour nous faire découvrir ce nouveau continent où l’être humain pourra enfin se réaliser en souverain absolu de sa vie.

Ces trois idéologies posent donc comme principe la liberté illimitée de chaque individu à réaliser ses aspirations existentielles. Chaque individu doit pouvoir se réaliser comme « il le sent » et le rôle du Droit, aujourd’hui, est d’aménager la loi de manière à ce que chacun puisse devenir pleinement et absolument lui-même.

« Sur ce terrain, écrit Philippe Bénéton, l’auteur du livre «  Le dérèglement moral de l’Occident », l’institution qui est à l’avant-garde est la Cour européenne des droits de l’homme. Elle s’est émancipée en 1995 de la Convention qu’elle est censée appliquer[1] pour inventer un ‘droit à l’autonomie personnelle’ ou au ‘développement personnel’ qui lui sert en quelque sorte de machine de guerre. A ce titre, elle a affirmé le ‘droit à l’identité sexuelle’ ; et l’obligation de reconnaître juridiquement ‘l’identité transsexuelle’ ; elle a proclamé ‘le droit au libre choix quant aux modalités d’exercice de la sexualité’ jusqu’à avaliser, au nom du consentement des parties, des relations sadomasochistes d’une extrême violence... Dans le même sens ont été reconnus le droit au suicide assisté, le droit à l’enfant, toutes variantes confondues quant à l’identité des ‘parents’ et jusqu’au ‘droit de mettre au monde un enfant qui ne soit pas affecté par la maladie’ (vive l’eugénisme !) » [2].

Si, malgré tout ce que clame la CEDH, on ne peut toujours pas voir de légitimité au mariage de personnes de même sexe, à la conception fluide des genres et à l’indifférenciation entre espèce humaine et espèce animale, est-ce parce que nous faisons simplement preuve d’étroitesse d’esprit et de cruauté, comme certains l’affirment, ou est-ce parce que nous avons de bonnes raisons de ne pas adhérer à ces idéologies ?

2. Quelle est la conception biblique de l’identité humaine ?

La question de notre identité nous fait remonter dans le temps jusqu’aux premiers chapitres de la Genèse où on découvre deux récits de création.

2.1 Le premier récit de création en Genèse 1

Au sixième jour de la création, « Dieu fit les animaux sauvages selon leur sorte, il fit les bestiaux selon leur sorte, les reptiles et les insectes selon leur sorte. Et Dieu vit que c’était bon » (Genèse 1.25).

A ce stade, la création n’est pas achevée. Dieu a en effet quelque chose d’autre à l’esprit. Genèse 1.26 le souligne : « Et Dieu dit :

— Faisons les hommes pour qu’ils soient notre image, ceux qui nous ressemblent. Qu’ils dominent sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les bestiaux sur toute la terre et sur tous les reptiles et les insectes. 27 Dieu créa les hommes pour qu’ils soient l’image de Dieu. Il les créa homme et femme. 28 Dieu les bénit en disant : Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre, rendez-vous en maître, et dominez les poissons des mers, les oiseaux du ciel et tous les reptiles et les insectes. »

Après cela, il précise que l’homme pourra se nourrir des plantes et arbres fruitiers qui poussent sur la terre, tandis que les animaux, eux, se nourriront de « toute plante verte ».

2.2 Le second récit de création (Genèse 2)

Si le premier chapitre de la Genèse nous fournit une description générale de la création, le second, par contre, zoome sur la création de l’être humain qui se déroule en deux temps.

1) Création de l’homme (Adam)

Après avoir créé l’homme, Dieu le place dans le jardin pour le cultiver et le garder. Il lui recommande de manger de tous les arbres du jardin à l’exception de celui du choix entre le bien et le mal (v. 15-17). Puis il fait venir vers lui tous les animaux qu’il avait créés pour que « tout être vivant porte le nom que l’homme lui donnerait » (v. 19).

Puis, au verset 22, on assiste à la...

2) Création de la femme

Voyant qu’il n’était pas bon que l’homme soit seul, « Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena à l’homme ». Cette rencontre constitue pour l’homme un moment « fondateur ». C’est le moment où il découvre enfin celle qui est comme lui sans lui être parfaitement identique, ce qu’il avait vainement cherché en étudiant les animaux. Adam a maintenant le sentiment d’être « complet ».

Tout comme Genèse 1 se termine en apothéose : « Dieu considéra tout ce qu’il avait créé, et trouva cela très bon » (v. 31), Genèse 2 finit également en apothéose : « C’est pourquoi un homme se séparera de son père et de sa mère et s’attachera à sa femme, et les deux ne feront plus qu’un » (v. 24). L’homme et la femme sont maintenant prêts à entrer dans la « mission » que Dieu leur a confiée : remplir la terre tout en en étant les « gérants » pour Dieu.

3. Répondre aux idéologues du « mariage pour tous », de la « théorie du genre » et de « l’antispecisme »

Ces deux premiers chapitres de Genèse fournissent l’essentiel de la connaissance dont nous avons besoin pour répondre aux partisans du « mariage pour tous », de la « théorie du genre » et de « l’antispécisme ».

3.1 Comment répondre aux partisans du « mariage pour tous » ?

Le livre de la Genèse (2.24) annonce : « C’est pourquoi un homme se séparera de son père et de sa mère et s’attachera à sa femme, et les deux ne feront plus qu’un. » Ici, Dieu institue le mariage en demandant à l’homme de quitter père et mère et de s’attacher à sa femme dans une relation exclusive.

Pourquoi cette alliance entre un homme et une femme ? Parce que c’est le seul moyen naturel d’obéir au commandement : « Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre, rendez-vous en maître... » (Genèse 1.28).

Le mariage, fondamentalement mais pas seulement, est une alliance pour la procréation, pour la multiplication de la vie qui doit permettre aux hommes et aux femmes de remplir la terre. Dieu veut en effet qu’un grand nombre d’êtres humains jouissent de sa création et exercent leur mandat de représentants de Dieu sur toutes ses parties.

Cela se traduit chez les hommes et les femmes par le désir d’avoir des enfants, un désir que les personnes homosexuelles éprouvent elles aussi mais qu’elles ne peuvent satisfaire de manière naturelle. C’est pourquoi elles demandent le droit à l’adoption ou le droit à la PMA (Procréation médicalement assistée) pour les femmes célibataires ou les couples de lesbiennes ou la GPA (Gestation pour autrui) pour les couples homosexuels masculins.

L’expression « mariage pour tous » ne correspond évidemment pas à l’intention originelle de Dieu. En fait, elle a pour fonction de dissimuler le fait que l’alliance pour la procréation de deux personnes de même sexe est par nature impossible et que ceux qui recourent aux techniques de procréation pour contourner cette impossibilité provoquent beaucoup de problèmes éthiques inédits et portent atteinte au besoin de l’enfant de vivre et de grandir en interactions vivantes avec son père et sa mère.

Rien de mieux donc que de s’en tenir au mariage tel que Dieu l’a conçu pour le bien des êtres humains.

3.2 Comment répondre aux « ingénieurs du genre » ?

Pour les « ingénieurs du genre », le genre d’une personne est complètement déconnecté de son sexe biologique. Vous pouvez être nés avec les attributs sexuels masculins ou féminins, cela ne change rien à l’affaire. C’est votre tête ou votre âme qui sont le lieu de détermination de votre genre. Votre famille peut bien vous avoir habillée en rose et vous avoir offert des poupées comme jouets, il n’en reste pas moins que vous êtes libres de vous révolter contre cette assignation autoritaire au genre féminin, afin de déterminer vous-mêmes votre « genre authentique ».

On comprend facilement pourquoi les théoriciens du genre ne veulent absolument pas entendre parler d’un Créateur. Ils devraient affronter le fait que Genèse 2 montre clairement que l’homme et la femme sont nés de deux actes créateurs distincts qui ont donné deux êtres distincts. Il est par conséquent impossible de migrer à sa guise de la condition d’homme à celle de femme et vice versa. Ils veulent également ignorer le fait que l’homme, sans la femme, est incomplet (et vice versa) et que c’est dans la confrontation quotidienne avec des personnes de l’autre genre que chacun de nous devient plus profondément humain.

Sans probablement l’avoir anticipé, en déclarant que corps et esprit sont deux entités totalement disjointes, les théoriciens du genre réactualisent à leur façon l’hérésie gnostique qui a sévit au IIe siècle de l’ère chrétienne. Pour les gnostiques, seule la réalité de l’esprit comptait. C’était par l’esprit, par initiations successives, qu’ils cherchaient à accéder à la « vraie connaissance » en libérant leur âme du poids de leur condition corporelle pour retrouver « un état de pureté originelle[3]. Ce que les théoriciens du genre affirment, c’est qu’en choisissant son genre, chacun peut désormais parvenir à « la vraie connaissance et à la pleine réalisation de soi ».

George Orwell a noté que « certaines opinions sont si stupides que seuls des intellectuels peuvent les soutenir »[4]. Il a redit, sous une autre forme, ce que Paul avait déjà observé : « Ils se prétendent intelligents, mais ils sont devenus fous » (Romains 1.22), parce qu’ils déploient toute leur énergie à vouloir se substituer à Dieu et qu’ils refusent de lui « rendre gloire ».

3.3 Comment répondre aux « antispécistes » ?

Au cœur du credo « antispéciste », il y a l’idée que notre culture judéo-chrétienne nous a fait adopter une posture de supériorité vis-à-vis de la création qui s’est traduite par une oppression et une exploitation outrancière des animaux. Du point de vue des antispécistes, l’homme est coupable de crimes contre l’animalité.

Comme, contrairement à eux, nous donnons crédit au témoignage de la Bible, relisons ce que Genèse 1.26 dit du rapport que Dieu a instauré entre l’homme et l’animal : « Faisons les hommes pour qu’ils soient notre image, ceux qui nous ressemblent. Qu’ils dominent sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les bestiaux sur toute la terre et sur tous les reptiles et les insectes. » En Genèse 1.28, Dieu bénit l’homme et la femme en disant : « Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre, rendez-vous en maître, et dominez les poissons des mers, les oiseaux du ciel et tous les reptiles et les insectes. »

Cette domination de l’homme sur les animaux est confirmée par le fait que Dieu les a fait venir vers l’homme pour voir quel nom il leur donnerait. Or, nommer les animaux après les avoir étudiés, c’est pour l’homme une manière d’exercer sa domination sur eux, c’est-à-dire d’évaluer les caractéristiques de chacun pour comprendre sa place et son rôle dans la création.

Avant la chute, Dieu a donné à l’homme et à la femme une position prééminente sur l’ensemble de la création dont il leur a demandé de se rendre maître, puisqu’il leur en a confié la gérance.

Après la chute, la situation de l’homme vis-à-vis de l’animal évolue. Une fois le déluge passé, Dieu renouvelle avec Noé l’Alliance qu’il avait passée avec Adam : « Soyez féconds, multipliez-vous et remplissez la terre » (9.1). Mais il indique à Noé et ses descendants que leur rapport avec les animaux a changé : « Vous inspirerez désormais la crainte à toutes les bêtes de la terre... (v. 2) tous les animaux de la terre sont livrés en votre pouvoir[5]. Tout ce qui remue et qui vit vous servira de nourriture... » (v. 3). Puis il ajoute une précision importante : « Toutefois, vous ne mangerez pas de viande contenant encore sa vie (son sang) ... » (v. 4). Pourquoi ? Parce que Dieu prévoit que pour l’expiation de ses péchés, l’homme devra répandre le sang d’animaux.

Y a-t-il quelque chose de choquant dans le fait que Dieu ait appris aux Israélites à faire l’expiation de leur péché en prenant la vie d’un animal innocent ? Cette disposition a indéniablement quelque chose de choquant ! Je me souviens d’un homme bouleversé qui m’a dit qu’il ne pouvait pas accepter ces histoires de sacrifices d’animaux dans l’Ancien Testament. La cruauté de ces actes le révulsait.

Que répondre à ceux que la mise à mort volontaire d’animaux choque ? On doit rappeler que c’est Dieu lui-même qui a autorisé l’homme à tuer des animaux pour s’en nourrir. On doit surtout redire que c’est bien lui et non l’homme, qui a déterminé que la vie d’un animal sans défaut était le prix à payer pour l’expiation des péchés des Israélites !

A cet égard, il y a beaucoup plus choquant encore ! Que dire du fait que Dieu ait jugé indispensable de faire payer à un homme innocent, Jésus, le prix de nos péchés ? N’y a-t-il pas, dans un acte aussi inconcevable, non seulement matière à être choqué, mais à s’interroger sur les motifs de Dieu ?

Pour que Dieu en arrive à une telle extrémité, n’a-t-il pas fallu qu’en suivant le conseil du Serpent et en rejetant Dieu, Adam et Eve aient commis un acte irréversiblement dommageable à leur relation avec Dieu ?

Dans nos réponses aux requérants du « mariage pour tous », aux idéologues de la fluidité des genres et aux défenseurs du droit des animaux, il faut tenir compte du fait qu’ils se réapproprient tous le discours de la première tentation, celui du Serpent dans le jardin. Ils nous proposent, eux aussi, de devenir comme Dieu, souverains incontestés de notre domaine privé.

A travers leurs écrits, leurs conférences et interviews disponibles sur Youtube, à travers les articles non critiques que publient certains journaux, ces militants font un mauvais procès à Dieu en laissant entendre qu’il manque d’amour et que sa Parole est une insulte à la liberté de l’homme parce qu’elle rappelle que : 1) le mariage est par définition l’engagement d’un homme et d’une femme, que 2) Dieu a créé hommes et femmes comme des êtres différenciés, qu’il n’est pas possible de confondre et qu’il a trouvé cela « très bon » et qu’il 3) a confié à l’homme et à la femme la tâche de prendre soin de la création, ce qui suppose une position prééminente vis-à-vis d’elle et des animaux.

Comme ce fut le cas pour le Serpent, leur discours conduit à la mort, à la mort des individus qui y croient et, ultimement, à la mort de nos sociétés si ces idéologies venaient à s’imposer. Alors que faire ?

4. Vivons pleinement l’identité que Dieu nous a donnée !

Tout d’abord, voici plusieurs faits objectifs :

4.1 Dieu vous a créés à son image

Dieu nous a créés à son image. Bien sûr, le péché a sérieusement endommagé cette image en nous et tout le travail patient de Jésus consiste à restaurer le caractère de Dieu en nous. C’est pourquoi la conscience que nous avons de notre identité dépend très étroitement de notre foi en Jésus-Christ. Sans lui, il serait bien difficile de ne pas être contaminé par les différentes aberrations identitaires dont nous avons parlé.

4.2 Dieu vous a créés, intentionnellement et distinctement, homme ou femme

Hommes et femmes sont différenciés de mille manières : dans leur apparence et capacités physiques, dans leur fonctionnement biologique et hormonal, dans le fonctionnement de leur cerveau et dans leur comportement psychologique. Ce sont là des faits clairement observables, qui déterminent indiscutablement nos identités respectives.         

4.3 Dieu appelle des hommes et des femmes (pas tous) à devenir un dans le mariage

Dans cette alliance pour la procréation qu'est le mariage, les différences qui caractérisent hommes et femmes ne sont pas des handicaps mais des atouts pour le couple. Les points forts de l’un aident l’autre conjoint à grandir, et c’est grâce à ces différences que la vie d’un couple est dynamique et, normalement, nous rend plus complètement humains. De ces différences et complémentarités, les enfants tirent une part de ce dont ils ont besoin pour former leur propre identité.

4.4 Dieu nous appelle tous à remplir la terre et à trouver en elle ce qui est nécessaire à la vie

Quand on parle de trouver dans la création ce qui est nécessaire à la vie, on ne peut pas ignorer l’usage abusif que l’homme dénaturé (par le péché) peut faire d’une telle parole. La création nous est prêtée[6] pour que nous en jouissions, mais nous devons la traiter avec mesure en comprenant son besoin de renouvellement afin de ne pas la transformer en étendue désolée. Ce respect de la création était déjà enseigné dans l’Ancien Testament. Tous les sept ans, les Israélites devaient accorder une année de repos à leurs champs pour qu’ils se renouvellent (Lévitique 25.4). Dieu a également instauré le sabbat pour le repos des hommes et des animaux domestiques (Exode 23.12).

Il y a enfin un dernier aspect de notre identité qui est si souvent rappelé qu’on risque de ne plus en saisir la profondeur :

4.5 Dieu nous appelle à lui ressembler en embrassant notre identité de serviteur

L’apôtre Jean affirme que « Dieu est amour » (1 Jean 4.8,16). Il l’est effectivement parce que chaque personne de la Trinité est au service des deux autres. Le Père sert le Fils en témoignant en sa faveur lors de son baptême ou en répondant à ses prières ; le Fils sert le Père en s’incarnant pour réaliser son œuvre de salut en faveur des hommes et le Saint-Esprit sert le Fils en suppléant à son absence physique parmi les disciples, etc.

Si Dieu nous a vraiment créés à son image, il s’ensuit que, comme lui, nous sommes serviteurs par essence, une caractéristique de notre identité que nous rappelle l’expression « les uns les autres », si souvent reprise dans le Nouveau Testament.

5. Pour aller plus loin...

Plus j’intériorise l’idée que j’ai été créé à l’image de Dieu et que l’essence de mon identité est d’être serviteur, comme Dieu est serviteur, plus je suis conforté dans mon identité d’homme ou de femme libre, plus je peux librement sortir de moi-même pour rejoindre les autres dans leurs besoins et plus je suis en paix avec moi-même. Car, un serviteur qui sert est en paix avec lui-même et avec Dieu, parce qu’il fait ce pour quoi il est fait !

Sachant ce que nous savons et ancrés comme nous pouvons l’être dans une relation solide et vivifiante avec Jésus-Christ, pouvons-nous simplement ignorer ou rejeter ceux dont nous ne partageons pas les convictions sur l’essence de notre identité ? Une telle réaction ne nous placerait-elle pas immédiatement en compagnie des pharisiens ? N’ont-ils pas été scandalisés que Jésus passe du temps et mange avec les prostituées et les percepteurs d’impôts ?

Nous serions donc bien avisés de passer notre temps de préférence avec les malades qu’avec les bien-portants. Ils sont en effet nombreux ceux qui tentent de comprendre qui ils sont. Et elles sont nombreuses les personnes à qui on fait croire que leur identité est en leur pouvoir.

Dieu est pourtant là, proche, pour leur révéler que leur identité trouve son origine dans la sienne. Car il a vraiment créé chacun de nous à son image. Mais comment le comprendront-ils s’il n’y a personne pour le leur dire ?

Christian Bibollet

Notes

[1] A l’origine, la raison d’être de la Convention universelle des droits de l’homme (1948, Paris) était de préserver l’intégrité des personnes face aux Etats et aux idéologies totalitaires (communisme, nazisme, fascisme, etc.).
[2] Philippe Bénéton, Le dérèglement moral de l’Occident, Paris, Cerf, 2017, p. 29-30.
[3] Article Wikipedia sur le gnosticisme.
[4] Cité par P. Bénéton dans Le dérèglement moral de l’Occident, p. 72.
[5] La Bible ne disqualifie ni ne désapprouve l’emploi d’animaux comme forces de travail : les bœufs tirent chariot ou charrue (1 Rois 19.19) et foulent le grain (Deutéronome 25.4). Anes, mulets, chevaux, chameaux assurent le transport de marchandises ou de personnes (Genèse 22.3 ; 2 Samuel 13.29 ; 1 Rois 4.26 ; 2 Chroniques 9.1, etc.).
[6] Psaume 24.1 : « La terre et ses richesses appartiennent à l’Eternel. »

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