La Dr Joëlle Gaillard Wasser relève le défi de bien articuler psychiatrie et foi à la Maison Béthel

vendredi 14 octobre 2011
La dimension chrétienne de la Maison Béthel est inscrite au cœur de l’accueil et de l’accompagnement des personnes en fragilité psychique. La psychiatre de l’établissement accompagne aussi les patients dans cette dimension. Rencontre avec la Dr Joëlle Gaillard Wasser.
Elle est médecin psychiatre référent de la Maison Béthel à Blonay, mais aussi engagée dans l’association Bethasda, un mouvement oecuménique de relation d’aide et d’accompagnement autour de Simon Pacot et de son livre : « L’évangélisation des profondeurs ».
Joëlle Gaillard Wasser consacre un jour par semaine à la Maison Béthel. Elle y assure le suivi des personnes en fragilité psychique et accompagne le personnel dans son suivi des patients. A côté de cela, cette psychiatre vient d’ouvrir un cabinet au Mont-sur-Lausanne.
« Lors de mon premier entretien dans les locaux de la Maison Béthel avec des représentants de la Fondation Praz-Soleil, les choses m’ont paru évidentes et simples, relève-t-elle. Je me suis laissée interpeller par ce projet, même si je travaillais dans un tout autre domaine à ce moment-là : l’accompagnement des migrants. »
 
Fille de pasteur
Le milieu évangélique, Joëlle Gaillard Wasser le connaît bien. Fille d’un pasteur pionnier des Assemblées de Dieu en France, elle a « grandi dans une atmosphère où ses parents vivaient ‘par la foi’, un quotidien basé sur la prière agissante dans tous les domaines de la vie, concrets et matériels aussi ». Elle en conserve un souvenir « lumineux ». C’est dans ce quotidien fait de vécu et de rencontres de « témoins racontant l’œuvre de Dieu ici et au loin (guérisons, miracles…) que se construisent les bases de sa foi ». Alors qu’elle a 11 ans, ses parents s’installent à Clermont-Ferrand. Elle crée avec son frère un groupe de scouts, qui essaimera à partir de l’Eglise de leur père dans plusieurs Assemblées de Dieu. En parallèle, elle commence des études de médecine.
Au cours de sa 3ème année d’études, son père tombe malade. Il est atteint d’un mal incurable qui l’emportera en moins d’un an, en pleine activité. « Les fondements de ma vie ont été ébranlés comme par un immense tremblement de terre. » Ni la médecine - qu’elle étudiait - ni la force des convictions pentecôtistes : « Jésus guérit » n’avaient pu changer quoi que ce soit à ce drame de la vie. « Ce fut l’épreuve suprême de la foi. Et cette foi éprouvée, comme l’or par le feu, m’a forgée en profondeur. C’est la grâce de Dieu qui m’a permis de continuer dans mon chemin de vie, malgré tout ! » ajoute-t-elle.
En 1990, Joëlle Gaillard ouvre un cabinet de généraliste à Toulouse. Puis elle rencontre celui qui va devenir son mari, un Suisse, Philippe Wasser. Elle s’installe alors dans le canton de Vaud et réoriente sa carrière. Elle décide de se spécialiser en psychiatrie. Ces dernières années, elle a accompagné des migrants en lien avec l’antenne de l’association Appartenances à Vevey. « En Suisse, si l’on veut partir en mission et travailler avec des personnes venant d’autres horizons, nul besoin d’aller bien loin : les ressortissants d’autres pays sont là, à nos portes, et souvent victimes de choses horribles comme la torture, le viol ou la perte d’êtres chers. »
 
Développer une vision globale de la personne
Dans sa prise en charge des patients, la psychiatre Joëlle Gaillard Wasser souhaite développer « une vision globale de la personne et tenir compte de ses dimensions physiques, psychiques et spirituelles, sans privilégier l’une aux dépens de l’autre ». Les maladies psychiques ne sont pas seulement liées à des problèmes spirituels. Il y a des maladies du cerveau qui peuvent produire des symptômes particuliers. « Dans le monde évangélique, on ‘spiritualise’ souvent les maladies psychiques ; dans le monde médical, on a tendance à nier l’importance du spirituel et de la spiritualité. Pour ma part, j’essaie de bien articuler les deux ! » Une articulation que cette psychiatre et psychothérapeute désire développer et approfondir à Béthel.
Serge Carrel
Publicité
  • Une votation qui défie les milieux évangéliques

    Une votation qui défie les milieux évangéliques

    Le peuple suisse se prononce le 9 février sur l’extension de la norme pénale antiraciste à l’homophobie. Pour nourrir le débat, Marc Früh, responsable de l’Union démocratique fédérale (UDF) en Suisse romande, à l’origine du référendum qui combat cet ajout à l’article 261 bis du code pénal, et André Varidel, chrétien homosexuel issu des milieux évangéliques, répondent à trois questions.

    vendredi 24 janvier 2020
  • Le Sahel et ses tensions religieuses s’invitent au WEF

    Le Sahel et ses tensions religieuses s’invitent au WEF

    Le forum de Davos s’ouvre aujourd’hui mardi 21 janvier. Le Sahel et ses tensions religieuses y seront pour la première fois l’objet d’une conférence, organisée notamment par l’Alliance évangélique mondiale.

    mardi 21 janvier 2020
  • Tempête religieuse au Monténégro juste avant le Noël orthodoxe

    Tempête religieuse au Monténégro juste avant le Noël orthodoxe

    Une loi sur la liberté religieuse enflamme le Monténégro, petit pays balkanique aux trois quarts orthodoxe. Les centaines de monastères et les nombreuses terres de l’Eglise orthodoxe serbe, majoritaire, pourraient tout bonnement passer aux mains de l’Etat. Noël, que les orthodoxes célèbrent ce mardi 7 janvier, s’annonce tempétueux.

    lundi 06 janvier 2020
  • "Il faut que les chrétiens reviennent vivre au Proche-Orient"

    "Il faut que les chrétiens reviennent vivre au Proche-Orient"

    Il a maintes fois risqué mourir d’une balle perdue. Au cœur du chaos syrien, dans la ville de Homs, le prêtre syrien Ziad Hilal est resté pendant les 8 années de guerre. « Parce qu’on ne quitte pas les gens quand ils passent par un temps difficile. » A la veille de Noël, il dit ne pas pouvoir imaginer un christianisme sans ses racines au Proche-Orient, « où Jésus est né, a marché et annoncé la Bonne Nouvelle. Il faut que les chrétiens reviennent y vivre ! »

    dimanche 22 décembre 2019

eglisesfree.ch

  • Lieux de culte : plutôt adaptés que neutres

    Mer 18 décembre 2019

    « Pour être missionnels, doit-on désacraliser nos lieux de culte ? » Tel était le thème de réflexion de l’après-midi, lors de la Rencontre générale de la FREE, le 23 novembre 2019 à Nyon. Cette réflexion a été introduite, le matin, par une méditation de Myriam Matthey, pasteure dans l’Eglise évangélique « La Fraternelle », à Nyon. Ensuite, durant l’après-midi, une table ronde a rassemblé Marc Gallay, pasteur dans l’Eglise évangélique de Lonay, François Kunz, architecte à Genève et Jacques André, pasteur dans l’Eglise évangélique de Cologny. Il ne sera, semble-t-il, pas nécessaire de « désacraliser » nos lieux de cultes et de les transformer en salles polyvalentes pour les rendre missionnels. Par contre, ils auront souvent besoin d’être adaptés.

  • Rencontre générale: vers un nouveau modèle de financement de la FREE

    Mer 18 décembre 2019

    La Rencontre générale de la FREE, dans sa nouvelle formule, a en bonne partie été consacrée à la présentation d’un nouveau modèle de financement. Quant au thème de réflexion de la journée, il était consacré aux bâtiments d’Eglises, leurs caractéristiques « missionnelles » ou non.

  • Inondations au sud du Laos: le riz vient à manquer dans certains villages

    Jeu 05 décembre 2019

    Les inondations du début du mois de septembre dernier dans les six provinces du sud Laos sont passées inaperçues pour la majorité des Européens. Trois mois après, les cicatrices laissées par cette catastrophe restent profondes.

  • Soutenez l'Action de Noël 2019 au Sénégal et en France

    Jeu 05 décembre 2019

    Vous pouvez soutenir ces deux projets et obtenir des informations supplémentaires à leur sujet sur les sites internet www.eglisesfree.ch et www.sme-suisse.org.

LAFREE.INFO

Instagram

Suivez-nous sur les réseaux sociaux !